Médiathèque de Bagnolet
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Arnaud Cathrine, son interview et son bureau d’artiste !
jeudi, 8 mars 2018
/ Jeunesse /

Responsable des articles publiés dans la rubrique documentaires.

Arnaud Cathrine est l’auteur invité par le comité ado de la médiathèque le 31 mars 2018 à 16h 30. A cette occasion, il s’est prêté au jeu de l’interview.

 

-Comment êtes-vous devenu auteur ?

A force d’ennui, je pense, pendant l’adolescence. Comme quoi, l’ennui et le vide sont fertiles. Après m’être occupé à la musique et au dessin, j’ai eu envie d’écrire au moment même où je découvrais la passion de la lecture. Passer de l’autre côté du miroir (ou de la barrière !). Il ne s’agissait bien sûr pas d’un pur divertissement (même si je connais très souvent la joie ludique dans l’écriture) : une voix intérieure (passablement tourmentée) cherchait à s’exprimer et a d’ailleurs trouvé à s’exprimer. Ce besoin et ce plaisir ne m’ont plus quitté.

 

-Pourquoi avez-vous fait le choix de vous adresser au jeune public ?

Je n’avais tout d’abord pas conscience de m’adresser à un public en particulier. Il se trouve que mon premier roman Les yeux secs a été souvent étudié en classe (sans doute parce qu’il parlait du destin de deux enfants dans la guerre civile). J’ai alors pu découvrir de visu ce lectorat, j’ai aimé ces échanges. Puis j’ai découvert réellement la littérature jeunesse (que je trouvais très mièvre et pédagogique quand j’étais adolescent). Je me suis aperçu – notamment à travers les auteurs de l’école des loisirs – qu’une vraie littérature existait désormais. Pas farouche. J’ai eu envie d’écrire les livres que j’aurais aimé lire pendant l’adolescence, ceux qui m’auraient aidé…

 

-Y-a-t-il un livre qui vous a marqué lorsque vous étiez enfant ?

Une nouvelle : « Le mur » de Sartre. Des condamnés à mort attendent le moment fatidique. J’ai découvert (ressenti) avec effroi l’imminence de la mort… Par suite, je n’ai pas cessé d’interroger ma famille à propos de la guerre et des bombardements. Pour tenter de mesurer même un tant soit peu ce qu’elle avait traversé.

 

-Avez-vous un auteur de référence ? 

Certainement Sagan pour sa fausse légèreté, sa simplicité et sa très grande décence. Et Duras pour son intelligence lumineuse, fascinante. Je retourne incessamment à elles.

 

-Quelles sont vos sources d’inspirations ?

La vie, la vie et la vie. Plus ou moins consciemment car je n’identifie pas toujours mes sources au moment d’écrire, la transposition se fait souvent à mon insu ; ce qu’on croit bon d’appeler des « idées ». On se dit : « J’ai une idée ». En fait, un motif de l’existence qu’on a vécu ou dont on a été témoin vient de se transformer en « scène ». La soi-disant imagination n’est que le masque qu’on pose sur le bout de réel qu’on est en train d’exhumer et de dérober.

 

-Comment naissent et se développent vos projets ?

Chaque fois de façon différente. D’une traite (en quelques semaines), au long cours (un an), avec des accélérations, des pannes, des arrêts brusques et angoissants. Profondément, ils naissent au moment où la vraie vie ne me suffit plus. Ce qui arrive souvent… !

 

-Un souhait à réaliser et/ ou une envie de collaboration ?

Qui est en train de naître mais je ne peux pas en parler pour le moment… J’aime de plus en plus les collaborations, le travail en duo, en tribu, en troupe.

 

-Pouvez-vous nous dire un mot de vos projets en cours ?

Il s’agit de terminer le troisième et dernier tome de ma série A la place du cœur. Toute ma tête est monopolisée par ce projet que j’ai adoré mener.

On est un peu curieux, acceptez –vous de nous montrer votre bureau ? Une petite photo ?