Les médias font largement l’écho, à l’occasion des 40 ans de l’élection de François Mitterrand, de l’apport de ce nouveau gouvernement à la culture, sous l’égide de Jack Lang. Cet apport a touché tous les domaines, des arts plastiques (création des FRAC), à la presse (ouverture des radios libres) en passant par la musique (création des scènes musicales actuelles), le cinéma (…des SOFICAS) et les arts de la scène (centres chorégraphiques nationaux…)…

Dans le domaine de la lecture on connaît la bataille autour du prix du livre, opposant les grandes surfaces aux éditeurs et aux libraires indépendants, qui aboutit au vote de la loi sur le prix unique le 10 août 1981.

Mais on sait peut-être moins qu’à la suite du rapport Pingaud-Barreau, rendu à l’automne 1981, les bibliothèques ont également été touchées par cette politique.

 

Un "manteau" de bibliothèques – médiathèques sur tout le territoire

D’abord, 17 bibliothèques centrales de prêts sont construites. Ces équipements sont les ancêtres de nos bibliothèques départementales, dont le programme initial remontait à…1945. Avec un fonds de documents, souvent équipées d’un bibliobus, ces bibliothèques promeuvent la lecture dans les petites communes, en milieu rural ou périurbain, qui ne disposent pas nécessairement de bibliothèque.

Ensuite, dans le cadre de la décentralisation, les communes se voient attribuer une compétence dans le domaine de la culture, et la mise en place de la dotation globale de décentralisation (versée par l’Etat) favorise le financement de la construction de médiathèques, partout en France. En 1989, 1581 villes ont une bibliothèque municipale, dont la moitié a été financée par ce biais. C’est l’époque que retrace Eric Rohmer dans L’arbre, le maire et la médiathèque.

 

Dans le milieu scolaire…

Dans les écoles primaires, les bibliothèques centres de documentation (BCD) se développent fortement, notamment dans les quartiers difficiles et leur rôle est précisé : elles deviennent un lieu central de l’école, ouvert sur le quartier, impliquant les élèves, les enseignants, les parents d’élèves… autour d’actions particulières (journaux, par exemple).

Dans les collèges et les lycées, les centres de documentation et d’information (CDI), officialisées en 1986, se généralisent et un statut de professeur documentaliste est créé quelques années plus tard.

 

... et pour les publics dits "empêchés"

Les hôpitaux et les prisons font également l’objet d’une forte mobilisation, dès le début des années 1980.

Un service central des bibliothèques à l’AP-HP est créé et les équipements dans les structures hospitalières développent leurs fonds et des actions culturelles.

Pour les prisons, un partenariat s’établit entre les ministères de la Justice et de la Culture, pour favoriser la lecture et au-delà une meilleure réinsertion des détenus. A partir de 1984 l’accès direct aux livres se développe, avec la création ou l’aménagement de lieux dédiés (auparavant, les détenus choisissaient un livre en consultant un catalogue dans leur cellule). Par exemple, le 3 avril 1985 est inaugurée la bibliothèque de la maison centrale de Poissy. D’une surface de 60 m², elle est située à proximité des autres salles d’activités et est en accès direct : elle est ouverte aux détenus pendant les heures de promenade.

 

Quelques documents sur le sujet des bibliothèques et de la politique culturelle dans les années 1980... 

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Et plus largement sur les bibliothèques

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