le 11 mai

Vincent Godeau : l’interview !

Au travail, l’artiste !

Comment êtes-vous devenu auteur/ illustrateur ?

 

Ce n’est pas quelque chose que j’imaginais enfant. Je ne dessinais pas forcément plus que la plupart des enfants. Je rêvais plutôt de faire un métier lié à la nature ou aux animaux... Au lycée, je m’intéressais aux sciences, mais n’avais pas l’envie d’en faire mon métier, de devenir ingénieur ou chercheur. Alors j’ai fait une école d’art, avec comme optique de devenir designer produit. J’y ai découvert d’autres disciplines, dont le graphisme, la communication visuelle, mais aussi l’illustration et la narration. Cela m’a passionné, j’ai commencé à aller dans les librairies voir ce qui se faisait puis à rêver de faire moi-même des livres, inventer mes propres histoires illustrées...

 

Pourquoi avez-vous fait le choix de vous adresser au jeune public ?

 

Il se trouve que je préfère les histoires quand elles sont courtes et les images quand elles sont simples. J’essaie de m’amuser quand je travaille et donc il en résulte des choses plutôt ludiques. J’aime les couleurs vives et si possible primaires. Tout cela semble parler aux enfants.

Mais pas que...

Je ne me suis jamais dit que j’allais m’adresser en particulier aux enfants, c’est venu comme ça. D’ailleurs j’aime tout autant faire des images qui s’adressent aux adultes, pour la presse, des affiches, etc.

 

Y-a-t-il un livre qui vous a marqué lorsque vous étiez enfant ?

 

 

« Mais qu’est-ce qu’il a Momo ? » de Nadja, et toute la série des Momo, petit crocodile râleur et radin.
J’ai beaucoup lu ces livres avec mon frère, j’en ai gardé de bons souvenirs.

Je les ai redécouverts récemment dans les rayons d’une bibliothèque et ils me font toujours autant rire !

 

Avez-vous un auteur de référence ? 

 

Pas vraiment. Mais certains artistes dont j’admire le travail, oui.

J’apprécie particulièrement les dessinateurs-explorateurs, qui utilisent le dessin dans des domaines très différents, effaçant les frontières entre les disciplines. Je pense notamment à Paul Cox qui n’hésite pas à passer des livres pour enfants à des créations de décor de spectacle d’opéra, à des pochettes de disques ou encore des installations en volume pour des expositions.
Je pense aussi à Bruno Munari, Fredun Shapur ou encore Mariscal.

 

Quelles sont vos sources d’inspirations ?

 

La nature, ses formes et ses couleurs. Même si dans mes dessins je ne cherche pas à les recopier de façon réaliste. J’aime chercher dans les formes de la nature, des plantes, des animaux, quand je dessine.
Je regarde aussi beaucoup ce qui se fait dans les domaines artistiques voisins : le graphisme, le dessin d’affiches, le design, l’art contemporain, la sculpture. Les créations inventives des autres me stimulent à créer à mon tour et me donnent parfois des pistes de recherche.

 

Comment naissent et se développent vos projets ?

 

Les idées sont comme des balles de ping-pong, elles rebondissent beaucoup d’un projet à l’autre.

Un projet nait souvent d’un petit élément d’un autre projet. Je fais beaucoup de recherches d’idées, de petits croquis avant de passer au dessin à proprement parler. Pendant cette étape, une partie des idées qui émergent ne serviront pas pour le projet en cours mais reviendront parfois dans les projets suivants.
Un exemple dernièrement, en réalisant un décor de spectacle, j’ai utilisé du miroir et du papier bleu. J’ai très envie de reprendre ces matériaux pour un prochain livre, sans savoir encore ce que je pourrai raconter avec. Chaque projet naît d’un projet précédent.

 

Un souhait à réaliser et/ ou une envie de collaboration ?

 

J’ai essayé beaucoup de choses dernièrement, dans des domaines de création parfois inhabituels pour un illustrateur : habillage de bus, décor de spectacle, application numérique, avec souvent des contraintes techniques assez complexes et du travail en équipe etc...
En ce moment j’ai envie de revenir à des choses simples, d’un retour aux sources : dessiner dans mon atelier, prendre le temps de me plonger dans l’un des projets de livre que j’ai en tête.

 

 Pouvez-vous nous dire un mot de vos projets en cours ?

 

Je termine une application numérique (pour tablette) avec Agathe Demois qui s’appellera « Cache-cache ville »
Ce projet est dans la continuité de notre précédent livre «  La grande traversée » et utilise la même technique de dessin rouge et bleu avec des images cachées à découvrir à l’aide d’une loupe magique.


 

 

 

Cette appli figure un long paysage de ville dans lequel on circule horizontalement parmi des maisons, des arbres et des voitures dans lesquels se cachent des personnages animés (mini-vidéos).
Après l’application, on travaillera sur le livre « Cache-cache ville ».

Une exposition « Cache-cache ville » est en préparation pour le prochain festival « Maintenant » à Rennes, organisé par Electroni-k.
Il s’agira d’un paysage urbain fait de différentes maisons en cartons, assez grandes (1m50 de haut) entre lesquelles on circulera, avec une grande loupe rouge à la main pour découvrir ce qui se passe à l’intérieur des maisons.

Puis en novembre à Vincennes, le spectacle « Bonhomme », pour lequel j’ai réalisé un décor, sera présenté à l’espace Sorano, avec le conteur Julien Tauber sur scène (ndlr : le 20 mai à 16h chez nous, à la Médiathèque)
Je prépare aussi pour cette occasion une exposition participative, qui prendra la forme d’un jeu de construction géant avec des cubes en carton de 30cm de côté sur lesquels je dessine sur les différentes faces des éléments de personnages, d’animaux, d’arbres ou de maisons. Il s’agira de combiner ces morceaux d’images en manipulant les cubes. Le public est invité à jouer avec pour que les constructions et les images évoluent tous les jours.

 

 

On est un peu curieux, acceptez –vous de nous montrer votre bureau ? Une petite photo ?