le 16 septembre 2014

Premières pages de la rentrée littéraire : découvrez une sélection de premiers romans

Premier Chapitre. Septembre 2014

En attendant l’arrivée de ces livres sur nos tables, voici les premières pages d’une sélection de romans de la rentrée littéraire.

Pour débuter, voici une sélection parmi les premiers romans de cette rentrée littéraire 2014.

 

Pour accéder au texte, cliquez tout simplement sur la couverture du roman.

 

Bonnes lectures !

 

  • "Constellation", de Adrien Bosc (Stock)

 

Le 27 octobre 1949, le nouvel avion d’Air France, le Constellation, lancé par l’extravagant M. Howard Hughes, accueille trente-sept passagers. Le 28 octobre, l’avion ne répond plus à la tour de contrôle. Il a disparu en descendant sur l’île Santa Maria, dans l’archipel des Açores. Aucun survivant. La question que pose Adrien Bosc dans cet ambitieux premier roman n’est pas tant comment, mais pourquoi ? Quel est l’enchaînement d’infimes causalités qui, mises bout à bout, ont précipité l’avion vers le mont Redondo ? Quel est le hasard objectif, notion chère aux surréalistes, qui rend « nécessaire » ce tombeau d’acier ? Et qui sont les passagers ? Si l’on connaît Marcel Cerdan, l’amant boxeur d’Édith Piaf, si l’on se souvient de cette musicienne prodige que fut Ginette Neveu, dont une partie du violon sera retrouvée des années après, l’auteur lie les destins entre eux. « Entendre les morts, écrire leur légende minuscule et offrir à quarante-huit hommes et femmes, comme autant de constellations, vie et récit. »


 

 

  • "L’Oubli", de Frederika Amalia Finkelstein (Gallimard)

 

"Je m’appelle Alma et je n’ai pas connu la guerre. J’ai grandi en écoutant Daft Punk, en buvant du Coca-Cola et en jouant à des jeux vidéo sur la Playstation 2. Un jour, j’ai appris que mon grand-père avait fui la Pologne quelques années avant la Seconde Guerre mondiale, avant la Shoah. Ce mot m’a longtemps agacée : son côté spectaculaire. Mais vendredi soir, quand je me suis retrouvée face à la petite-fille d’Adolf Eichmann et qu’elle n’arrivait pas à se remémorer le nom du camp d’Auschwitz, j’ai ressenti comme une douleur, elle a duré quelques secondes. Je me suis rappelé l’exergue de "Si c’est un homme" de Primo Levi : "N’oubliez pas que cela fut, non, ne l’oubliez pas" ; je crois que je veux faire exactement le contraire. Oublier tout".

 

 

  • "Un jeune homme prometteur", de Gautier Battistella (Grasset)

 

Labat, c’est un petit village perdu au fond des Pyrénées. Là-bas, il y a le narrateur, un bon garçon, qui, entraîné par son frère Jeff, commet les quatre cents coups. Il y a Mémé, qui les a adoptés tous les deux à la mort de leurs parents, et qui a la peau dure mais le coeur tendre. Il y a Madame Petrovna, qui n’est pas du tout une sorcière comme le prétend la rumeur, mais une Russe blanche en exil, qui possède une vieille machine à écrire et quelques secrets. Et puis il y a Marie, la fille du docteur, belle comme les promesses de l’enfance... Quand le narrateur, s’étant découvert une vocation littéraire, monte à l’assaut de la capitale, c’est un tout autre paysage qui l’accueille, moins bucolique mais tout aussi pittoresque : celui des grands imposteurs du monde des lettres, à qui il va désormais s’agir de régler leur compte. Loin de Marie, qui l’a quitté pour un blondinet auteur de sirupeux best-sellers, et jamais bien loin de Jeff, le frère maudit et énigmatique qui surgit toujours là où on ne l’attend pas, notre Rastignac en herbe va peu à peu céder à la fièvre de la jungle germanopratine, sombrer dans la folie, et se transformer - peut-être - en meurtrier. Ce périple initiatique l’entraînera jusqu’en Thaïlande, où tomberont les derniers masques de cette comédie douce-amère des erreurs et des espoirs trahis.

 

 

  • "Le Clan suspendu", de Etienne Guéreau (Denoël)

Ismène, Polynice, Antigone et Hémon sont les enfants de la deuxième génération. Ils vivent dans le Suspend, un village dans les arbres accroché à dix mètres de hauteur. La vie quotidienne y est régie selon des rites immuables, des traditions bien ancrées – comme celle qui consiste à répéter inlassablement Antigone, la tragédie qu’il faut connaître sur le bout des doigts – et surtout, une règle stricte : ne jamais descendre du Suspend. Car en bas règne l’ogresse, une créature sanguinaire à l’affût de ceux qui s’aventurent sur son territoire... Dans ce microcosme étrange et oppressant, Hémon s’éprend d’Ismène et veut arracher le pouvoir à Claude, maître du clan vieillissant. Quant à Ismène, elle essaye tant bien que mal d’échapper à son destin. À cette occasion, elle découvrira l’histoire et le secret qui entourent le clan, ainsi que le sens profond de la tradition que leur a inculqué Claude, l’ancien qui ne parle plus. Et, telle l’Antigone de Sophocle, Ismène brave l’interdiction de quitter le Suspend et décide d’aller voir qui se cache réellement en bas, sur la terre ferme. Le Clan suspendu explore la question du rituel, de la transmission, et des comportements dans un contexte sectaire et confiné. Comment la jeune génération va-t-elle réagir si le clan implose ? Qui prendra finalement le pouvoir dans cette petite communauté ? Il y a un peu de Sa Majesté des mouches et de The Hunger Games dans Le Clan suspendu, récit inoubliable, aussi profond qu’addictif.

 

 

  • "Tram 83", de Mwanza Mujila Fiston (Métailié)

 

Tous les soirs au Tram 83 on voit débouler les étudiants en grève et les creuseurs en mal de sexe, les canetons aguicheurs, les touristes de première classe et les aides-serveuses, les biscottes et les demoiselles d’Avignon, la diva des chemins de fer et Mortel Combat, bref, toute la Ville-Pays prête à en découdre sur des musiques inouïes, réunie là dans l’espoir de voir le monde comme il va et comme il pourrait dégénérer. Lucien, tout juste débarqué de l’Arrière-Pays pour échapper aux diverses polices politiques, s’accroche à son stylo au milieu du tumulte et se retrouve sans s’en rendre compte coincé dans une mine de diamants, en garde à vue, ou dans le lit d’une fille aux seins-grosses-tomates. Il émeut ces dames ! Pendant ce temps, Requiem, magouilleur en diable, ex-pote du susnommé, et Malingeau, éditeur et amateur de chair fraîche, se disputent allègrement les foules. Car dans la Ville-Pays, n’en déplaise au ridicule Général dissident, il n’y a qu’une chose qui compte : régner sur le Tram 83 et s’attirer les bonnes grâces de ce peuple turbulent et menteur, toujours au bord de l’émeute. Premier roman éminemment poétique et nerveux, Tram 83 est une incroyable plongée dans la langue et l’énergie d’un pays réinventé, un raz-de-marée halluciné et drôle où dans chaque phrase cogne une féroce envie de vivre. Bienvenue ailleurs.

 

 

  • "Un été en famille", de Arnaud Delrue (Seuil)

 

C’est l’été. La sœur de Philippe, le narrateur, meurt subitement. On l’enterre. Il y a la mère, et Marie, la petite sœur collégienne. Et l’oncle Paul, ami de Duval, le médecin qui leur prête sa belle propriété au bord du lac. La vie reprend ses droits. Philippe noue une relation avec une jeune collègue de travail, il passe du bon temps avec son meilleur ami, Basile. Tout semble paisible. Mais en fait, non. On ressent dès les premières pages un malaise. Quelle relation Philippe entretenait-il avec sa sœur ? De quelle maladie celle-ci était-elle atteinte ? Pourquoi le narrateur s’adresse-t-il à Marie dans ce qui ressemble à une longue confession, une dernière tentative pour renouer les fils du destin ? L’étrangeté des situations grandit au fil d’un récit entrecoupé de magnifiques descriptions des paysages français, dans une traversée du territoire vers le Sud et l’Espagne, en camionnette, comme une fuite sans espoir.

 

 

  • "En face", de Pierre Demarty (Flammarion)

 

Un homme, un jour, sort de chez lui, traverse la rue, et entre dans l’immeuble d’en face. Il n’en sortira plus - ou presque. C’est le début d’un étrange voyage immobile, qui l’entraînera dans des rêveries de grand large et des épopées insensées.

 

 

  • "Le ravissement des innocents", de Taiye Selasi (Gallimard)

 

C’est l’histoire d’une famille, des ruptures et déchirements qui se produisent en son sein, et des efforts déployés par chacun pour oeuvrer à la réconciliation. En l’espace d’une soirée, la vie sereine de la famille Sai s’écroule : Kwaku, le père, un chirurgien ghanéen extrêmement respecté aux Etats-Unis, perd toutes ses illusions en raison d’une injustice professionnelle criante. Ne pouvant assumer cette humiliation, il abandonne Fola, sa ravissante épouse nigériane, et l’âme du foyer. Dorénavant, Olu, leur fils aîné, n’aura d’autre but que de vivre la vie que son père aurait dû avoir. Les jumeaux, la belle Taiwo et son frère Kehinde, traverseront une tragédie qui les hantera longtemps après les faits. Sadie, la petite dernière, amoureuse de sa meilleure amie, jalouse l’ensemble de sa fratrie. Mais un nouveau drame se produit et les oblige tous à se remettre en question. Les expériences et souvenirs de chaque personnage s’entremêlent dans ce roman passionnant et bouleversant, couvrant plusieurs générations et cultures, en un aller-retour entre l’Afrique de l’Ouest et la Nouvelle Angleterre, Londres et New York. Un premier roman d’une originalité irrésistible et d’une puissance éblouissante.