le 13 juin

Noire frontière : 10 documents sur... La frontière Mexique-Etats-Unis

Romans, polars, BD, documentaires livre et films.

La "frontière de verre", comme l’appelait Carlos Fuentes dans son roman éponyme, c’est la frontière qui sépare le Mexique des Etats-Unis. La « tortilla border » débute à l’ouest, à Tijuana, et court pendant près de 3 200 kilomètres, jusqu’à Matamaros, côté Atlantique. Sur près de 1300 kms, un mur fut érigé à partir de 2002, censé limiter les migrations illégales et les trafics d’armes ou de drogue.

 

Un territoire qui concentre toutes les violences : d’un côté (Mexique), les cartels, passeurs et trafiquants profitant de ceux qui souhaitent passer la frontière, et de l’autre (Etats-Unis), autorités officielles et milices privées suréquipées qui mènent une campagne de surveillance de la frontière.

 

Violence aussi côté Mexique où de nouvelles villes-usines sont nées dans les années 60 des accords économiques entre les pays du nord de l’Amérique (ALENA en 1994). Ces villes situées en bordure de la frontière sont censées fixer sur le sol mexicain les ouvriers et promouvoir l’économie mexicaine. Les maquiladoras, zones franches établies au Mexique, pour y produire des produits destinés à l’exportation, ont attirés les investisseurs désireux de profiter d’une main d’œuvre bon marché et peu syndiquée. Une forte proportion des employés est constituée de femmes faiblement payées et victimes de nombreuses agressions dont les fameux meurtres de femmes de Ciudad Juarez.

 

"Mexique/Etats-Unis : frontière, immigrations et inégalités sociales" : un article complet de Fabien Gillot sur son site Géographie sociale et politique.

 

Parmi les 10 documents qui suivent, vous trouverez une sélection de 6 romans et une bande dessinée, un livre documentaire et 2 films documentaires abordant cette thématique.

 


TITRE : La Griffe du chien (2007) et Cartel (2016)

AUTEUR : Don Winslow

ÉDITEUR : Fayard (2007) et Seuil (2016)

COTE : R WINS

 

RÉSUMÉ : Art Keller, le « seigneur de la frontière », est en guerre contre les narcotrafiquants qui gangrènent le Mexique. Adán et Raúl Barrera, les « seigneurs des cieux », règnent sans partage sur les sicarios, des tueurs armés recrutés dans les quartiers les plus démunis. Contre une poignée de dollars et un shoot d’héroïne, ils assassinent policiers, députés et archevêques. La guerre est sans pitié.

Aux frontières du docu-fiction, Don Winslow retrace les sanglantes étapes de la guerre menée et perdue d’avance par les États-Unis contre les cartels de la drogue.

En savoir + : Il était une fois au Mexique sur le blog "Encore du noir""

 

RÉSUMÉ : Dix ans après La Griffe du chien, Don Winslow revient avec un livre encore plus fort sur la montée en puissance des narco-empires.

2004. Adan Barrera, incarnation romanesque d’El Chapo, ronge son frein dans une prison fédérale de Californie, tandis qu’Art Keller, l’ex-agent de la DEA qui a causé sa chute, veille sur les abeilles dans un monastère.

Quand Barrera s’échappe, reprend les affaires en main et met la tête de Keller à prix, la CIA et les Mexicains sortent l’Américain de sa retraite : lui seul connaît intimement le fugitif.

La guerre de la drogue reprend de plus belle entre les différentes organisations, brillamment orchestrée par Barrera qui tire toutes les ficelles : la police, l’armée et jusqu’aux plus hauts fonctionnaires mexicains sont à sa solde. Alors que la lutte pour le contrôle de tous les cartels fait rage, avec une violence inouïe, Art Keller s’emploie à abattre son ennemi de toujours.

Jusqu’où ira cette vendetta ?

 En savoir + : "Le trafic de drogue entre les Etats-Unis et le Mexique, version épique. Un récit percutant et chirurgical" sur Télérama"

 


 

TITRE : Amexica : la guerre contre le crime organisé sur la frontière Etats-Unis-Mexique

AUTEUR : Ed Vulliamy

ÉDITEUR : Albin Michel

DATE : 2013

COTE : 364.1 VUL

 

RÉSUMÉ : Le journaliste a mené l’enquête le long de la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique où règne le crime organisé. Cette limite est le lieu du trafic des drogues et des armes que consomment les Etats-Unis et l’Europe. Il dresse le portrait des principaux acteurs du phénomène : mafieux, hommes politiques, policiers, prêtres, journalistes, travailleurs humanitaires, détenus ou repentis.

 En savoir + : Les Inrocks "Dans “Amexica”, Ed Vulliamy nous plonge dans l’univers des cartels"

 

 


 

TITRE : La Frontière de verre : roman en neuf récits

AUTEUR : Carlos Fuentes

ÉDITEUR : Gallimard (Du monde entier)

DATE : 1999

COTE : R FUEN

 

RÉSUMÉ : Il s’agit de la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. Les neuf récits s’articulent autour de quelques personnages dont les hasards de la vie ou de la parenté organisent la rencontre sur ce lieu mythique. Toute une population frontalière, sur fond de nostalgie territoriale, permettant à Fuentes de déployer une gamme de registres d’écriture, du style le plus poétique au langage parlé.

 

En savoir + : Entretien paru en 1999 dans L’Express « La latinité, c’est un grand fleuve de rencontres ».

 


 

TITRE : La Frontière infinie

RÉALISATEUR : Juan Manuel Sepulveda

ÉDITEUR : Mexican Film institute

DATE : 2007  DURÉE : 90 min.

COTE : 325.21 SEP

 

RÉSUMÉ : Chaque année, ce sont 500 000 candidats à l’exil – hommes, femmes et enfants du Salvador, du Honduras ou du Guatemala – qui transitent par les territoires immenses du Mexique vers la frontière des États-Unis. La plupart seront arrêtés en chemin, détenus dans divers centres de rétention, avant d’être renvoyés chez eux. Beaucoup auront été mutilés, leurs corps amputés par les trains de marchandises sous lesquels ils glissent en cherchant à y grimper. La plupart retenteront le voyage malgré le danger et la peur : les épreuves, loin de les décourager, renforcent leur détermination. Juan Manuel Sepùlveda les a filmés pendant leurs haltes forcées : la longue attente des trains, les cachettes dans les champs, les séjours dans les postes de police, dans les centres de rétention, les cliniques où les mutilés, victimes d’accidents, apprennent à vivre avec un ou deux membres en moins, la mort sous les balles des policiers. En filmant cette odyssée interminable, cet exode irrépressible et massif, le réalisateur montre qu’on peut briser l’être humain, on ne détruit pas ses rêves. Une même image revient constamment : celle du paysage qui se découvre à l’avancée d’un train, toujours renouvelé, sans fin. Ce train de l’espoir ne mène nulle part.

 

 


 

TITRE : Des os dans le désert

AUTEUR : Sergio Gonzalez Rodrigues

ÉDITEUR : Passage du Nord-Ouest

DATE : 2007

COTE : R GONZ

 

RÉSUMÉ : A Ciudad Juarez, ville frontière du nord du Mexique, plus de 300 femmes furent assassinées depuis 1993, selon un rituel immuable : enlèvement, torture, sévices sexuels, strangulation. Depuis dix ans, au rythme de deux cadavres par mois, des corps de femmes, d’adolescentes et de fillettes, sont découverts dans les faubourgs de la ville. Une enquête mettant en doute la version des autorités.

 

"Roberto Bolano, écrivain chilien, dont le livre 2666 parle en partie de ce même sujet, disait à propos Des os dans le désert : « Ce n’est pas un livre qui appartient à la tradition du roman d’aventures mais à la tradition apocalyptique, les deux seules catégories toujours vivantes sur notre continent. Peut-être parce que ce sont elles, uniquement, qui nous permettent d’approcher l’abîme qui nous entoure. »" (Lisons Futé, Médiathèque de Noisy-le-Sec 2008)

 

En savoir + : 2 regards plus ou moins enthousiastes sur cet ouvrage et une lecture noire de la chronique de "Des os dans le désert" sur Médiapart.

 


 

TITRE : 2666

AUTEUR : Roberto Bolaño

ÉDITEUR : Bourgois

DATE : 2008

COTE : R BOLA

 

RÉSUMÉ : Un roman qui a la particularité d’être inspiré en grande partie du livre "Des os dans le désert" de Sergio Gonzalez Rodriguez, jusqu’à faire de cet auteur un personnage de "2666".

Roman posthume publié en 2004, conçu en cinq parties lisibles séparément. Un écrivain invisible et génial, Benno von Archimboldi, se rend à Santa Teresa, ville du nord du Mexique où les femmes disparaissent victimes d’un tueur en série. Il y croise Amalfitano, puis sa fille, qui s’enfuit avec un journaliste américain. Il livre finalement les raisons de sa présence dans ce lieu de cauchemar.

 


 

TITRE : Viva la vida : los suenos de Ciudad Juarez

AUTEUR : Edmond Baudoin, Troub’s

ÉDITEUR : L’Association (Ciboulette)

DATE : 2011

COTE : BD BAU

 

RÉSUMÉ : Un album motivé par la lecture de 2666 de Roberto Bolaño.

Ciudad Juarez, située au nord de l’Etat de Chihuahua au Mexique, connaît depuis deux décennies une criminalité qui l’a rendue tristement célèbre. Une longue série de meurtres et de disparitions de femmes a coloré la ville de manière à la faire classer comme une des plus dangereuses au monde. La façon la plus honnête d’aborder Juarez, pour Baudoin et Troubs, tous deux très familiers du carnet de voyage, était de partir d’une base simple : « Faire le portrait de ceux qui voudront bien, et leur demander : “Quel est votre rêve ?”. Dire la vie dans cette ville où on meurt. » Le récit de ce périple à travers la violence évoque le pire comme le meilleur des relations humaines, à travers une collaboration inédite où les styles de Baudoin et de Troubs se complètent impeccablement.

En savoir + : une chronique de l’album sur le blog "Par la bande" et l’interview de Baudoin sur le blog "Noct’ en bulles".

 


 

TITRE : Ceux d’en face

RÉALISATEUR : Franck Beyer

EDITEUR : Les Films de l’Autre Côté

DATE : 2009 DURÉE : 53 min

COTE : 305.81 BEY

 

RÉSUMÉ : Un mur de fer et de béton symbolisant la distinction Nord/Sud marque la séparation entre Tijuana et San Diego. Ces deux villes jumelles sont le lieu de passage le plus fréquenté au monde. De chaque côté, les frontaliers vivent avec ce mur qui s’impose à eux et avec les paradoxes qui s’en dégagent. « Ceux d’en face » nous plonge dans l’univers de familles avec cette frontière qui alimente toutes sortes de pensées. Un film sur des gens ordinaires dans un lieu extraordinaire.

 

 

En savoir + : l’intégralité du film est visible ici et le portrait de Franck Beyer ici.

 


 

TITRE : Triple Crossing

AUTEUR : Sebastian Rotella

ÉDITEUR : Liana Lévi

DATE : 2012

 

RÉSUMÉ : Chaque nuit, sur la Ligne entre le Mexique et les États-Unis, une foule de migrants tentent leur chance. Et chaque nuit, les agents de la patrouille frontalière américaine sont là pour les refouler. Certains, sans scrupule, profitent de la faiblesse des clandestins et donnent libre cours à leurs penchants sadiques. D’autres, comme Valentin Pescatore, essaient de s’en tenir aux règles. Cela ne l’empêche pas de commettre une entorse qui pourrait lui valoir une sanction sévère, à moins de collaborer... Mais avec qui, au juste ? C’est bien les Américains qui lui demandent d’infiltrer une famille de narcos de Tijuana, mais qui peut garantir que son inexpérience ne va pas l’entraîner du côté de la corruption, de la drogue et de l’argent facile ? En tout cas, c’est ce que redoute Leo Méndez, flic mexicain aux allures de justicier... Sebastian Rotella nous conduit vers de troubles frontières dans un thriller saisissant sur la mondialisation du crime.

 

En savoir + : La « Triple Crossing », c’est la frontière qui sépare le Paraguay, le Brésil et l’Argentine, et qui sert d’"entonnoir" pour la remontée des migrants vers les États-Unis. Un lieu stratégique au coeur de ce roman. Un avis enthousiaste sur "La Cause littéraire" ou celui de Marc Villard ici.

 


 

TITRE : Tijuana Straits

AUTEUR : Kem Nunn

ÉDITEUR : Sonatine

DATE : 2011

 

RÉSUMÉ :Tijuana Straits, frontière de la Californie et du Mexique. Repris de justice, Sam Fahey mène là une vie solitaire et recluse. Cet ex-surfer, en proie à de fréquents accès de panique, est bien décidé à ne plus se mêler des affaires humaines. Lorsqu’il recueille une jeune femme mexicaine, Magdalena, qu’on a essayé d’assassiner près de chez lui, son existence paisible et solitaire vole en éclats. Activiste en lutte contre les injustices économiques de la région, où les grands groupes étrangers n’hésitent pas à exploiter les travailleurs mexicains et à polluer sans vergogne l’air et les rivières, Magdalena entraîne Sam à la recherche de ceux qui veulent sa mort. Dans ce no-man’s-land qu’est la frontière, patrie désolée de la corruption, de l’immigration clandestine, des trafiquants de drogue, où toute apparence s’avère trompeuse, Sam devra aller au bout de lui-même pour, peut-être, trouver la rédemption.

 

En savoir + : "Un grand roman noir lyrique et tendu, qui parle de corruption et d’amour, d’engagement militant et de rédemption — mais aussi de cette vague légendaire, rêve ultime des grands surfeurs." nous disait Christine Ferniot sur Télérama et sinon, l’avis de Jean-Marc Laherrère sur "Actu du noir"


 

 

Ciudad Juarez, cette ville tristement célèbre, a fait l’objet d’un webdocumentaire intitulé la Cité des morts et visible à l’adresse suivante http://www.lacitedesmortes.net/