le 22 novembre

Le réalisateur Serguei Loznitsa mis à l’honneur # Les Yeux doc, Novembre 2017

Dans le cadre du Mois du film documentaire

Dans le cadre du Mois du film documentaire 2017 à la Médiathèque autour de l’exposition et du film "Kommunalka" de Françoise Huguier, nous avons choisi de vous proposer tout au long du mois de Novembre des films de réalisateurs russes.

Serguei Loznitsa est l’un d’entre eux. Lors de la pause-ciné du mercredi 22 novembre à 12h30, vous pourrez découvrir "Portrait" (2002). Il est un réalisateur russe (Ukraine) né en 1964.

Comme il le dit lui-même, ses films sont " de pures fantaisies de l’imagination", mais ils décrivent aussi un certain état de la société russe. Profondément attaché à l’Histoire et au passé, avec une mélancolie non dénuée d’humour souvent, Loznitsa veut faire au "lourd fardeau du passé soviétique". Il est aussi attentif, sinon plus, au son qu’à l’image, et il sait faire accéder ceux qui acceptent le rythme de ses films à "un état où le rêve, l’émotion et la pensée circulent librement".


A retrouver sur la plateforme VOD Les Yeux doc

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Paysage / Paisaj

2003

C’est l’hiver. Un arrêt d’autobus dans un bourg de Russie. Les gens attendent le car. Ils parlent. Des bribes de dialogues, des fragments de conversation laissent percevoir leur univers. Le paysage et les habitants, leur mode de vie et leur comportement sont embrassés dans un unique mouvement de caméra, un long travelling panoramique.La bande sonore du film est conçue comme une partition musicale, avec des fragments de phrases choisis dans plusieurs heures d’enregistrement réalisé à l’endroit du tournage, mais pas au moment de la prise de vue. Serge Meurant, dans un entretien avec Sergueï Loznitsa, souligne que « le temps de la caméra permet de saisir chaque visage ou chaque groupe de telle façon que la personne ou le groupe filmé puisse réagir à la caméra. Ce qui crée un mouvement à l’intérieur de chaque portrait. » Le réalisateur ajoute : « Je me suis efforcé de ne pas lier un texte particulier à un personnage déterminé. Le texte et les personnages sont comme posés "à côté", on écoute comme si on se tenait à côté », et le spectateur devient ainsi un témoin plus attentif.

Projeté au Festival Cinéma du réel

 


L’Attente / Polustanok

2000

« Comment filmer le sommeil ? Les corps endormis se livrent au regard dans un état de vulnérabilité et de souffrance souvent. Les contempler provoque chez le spectateur un sentiment de contrariété, comme s’il s’agissait d’un acte indécent, d’une curiosité malsaine. Cela d’autant plus lorsqu’il s’agit de dormeurs réunis par le hasard d’un voyage dans le huis clos d’une salle d’attente. La promiscuité du lieu les oblige à adopter des poses inconfortables qui les supplicient. […] Sergueï Loznitsa explore dans ce premier court-métrage un état limite à travers des images somptueuses où ténèbres et lumières se répondent. Comme il le fera dans les films suivants, le cinéaste choisit de filmer un lieu unique, la salle d’attente d’une gare, réunissant une communauté de passage, les dormeurs, dans l’attente de l’aube qui verra l’arrivée du train. Il réalise de longs plans séquences des dormeurs isolés ou en petits groupes, de leurs visages ou de leurs corps, des mouvements qui animent parfois leur immobilité. Le son est aussi important que l’image, sinon davantage […]. L’épaisseur des ténèbres est traversée de bruits et la nuit remue, vivante. » (Serge Meurant, extrait de l’article d’Images documentaires n°50/51, 2004)