le 7 mars 2013

Hommage à Kevin Ayers, membre éminent de l’Ecole de Canterbury

- Kevin Ayers, hippie et dandy, prolifique et paresseux, décédé récemment à l’age de 68 ans était une figure emblématique de la contre-culture britannique des années 1960. Bernard MacMahon (directeur de son dernier label, Lo-Max) : « Kevin Ayers était l’incarnation vivante de l’idéal des années 60, c’est-à-dire la créativité, la liberté d’expression et l’amour libre. Il était, selon moi, le père de la culture underground. »

Membre éminent de l’Ecole de Canterbury, il y participe dès l’origine au sein des Wilde Flowers qu’il transforme en Soft Machine après avoir fait la connaissance de l’un des premiers hippies vus en Europe, l’Australien Daevid Allen.

Kevin Ayers : « Il y avait dans l’air ce sentiment que les gens devaient s’unir pour faire des choses ensemble - qu’importe ces choses. Soft Machine a été pensé comme une sorte de colle. » On reconnaît facilement l’apport de Kevin Ayers dans les mélodies à la fois gentillettes et psychédéliques et dans les arrangements et les textes (chantés très haut par Robert Wyatt), mélancoliques, déjantés et au grand sens de l’absurde (il se réclamait de la pataphysique)

Une tournée aux Etats-Unis en première partie de Jimi Hendrix suit la parution de leur premier album. Kevin Ayers : « Hendrix nous trouvait mignons et il pensait, à juste titre, que nous n’étions pas en mesure de faire de l’ombre à son extraordinaire présence scénique. Puis, j’ai appris à le connaître. C’était un type complètement innocent, très timide… Vous n’imaginez pas à quel point le fait de devoir jouer les mêmes chansons et tenir le même rôle chaque soir sur scène peut changer un homme. J’étais fan d’Hendrix mais, parfois, quand je le voyais jouer, je me disais "Non… pas encore ça !", et il remettait ça chaque putain de nuit. »

Il dira plus tard dans une interview donnée au Guardian « J’ai complètement saturé, les filles qui font la queue à la porte de la chambre d’hôtel, la possibilité de picoler à l’œil partout… Je ne supportais plus l’extrémisme et la violence de ces situations-là. Mike (Ratledge) et moi ne voulions plus sortir. Il lisait, et moi je restais allongé par terre en regardant le plafond. Il n’y avait pas que le style de vie. Mike et Robert (Wyatt) étaient plus cultivés musicalement que moi. Ils défendaient une ligne jazz et fusion qui ne m’intéressait pas : j’étais strictement pop. Ils participaient à ce que je considère comme de l’auto complaisance, "J’emmerde le public… J’ai emmené ma simplicité ailleurs. »

Il donne sa basse à Noel Redding (bassiste de Jimi Hendrix) et part pour Ibiza ou il entame une carrière solo émaillée de nombreuses collaborations parmi lesquelles on retrouve des membres de Soft Machine (avec qui il a conservé d’excellentes relations) et de l’Ecole de Canterbury, mais également Brian Eno, John Cale, Lol Coxhill, Mike Oldfield pour ne citer qu’eux.

A l’écart de toutes les modes et de tous les courants musicaux, en marge de toutes les agitations du show-business, il a posé sa voix grave avec autant d’élégance que de décontraction sur plus d’une vingtaine d’albums (en comptant les enregistrements en public) en conservant toujours un grand sens de l’humour et de la dérision. « Je pense qu’il faut que vous ayez une case en moins ou que vous ayez faim de gloire et d’argent pour jouer le jeu de l’industrie. Et je ne suis pas très bon pour ça », déclarait-il au Guardian en 2003.

Sa discographie :
- Joy of a Toy (1969)
- Shooting at the Moon (1970)
- Whatevershebringswesing (1971)
- Bananamour (1973)
- The Confessions of Dr. Dream and Other Stories (1974)
- June 1, 1974 (en public avec John Cale, Brian Eno, Nico, Robert Wyatt et Mike Oldfield)
- Sweet Deceiver (1975)
- Yes We Have No Mañanas (1976)
- Rainbow Takeaway (avril 1978)
- That’s What You Get Babe (1980)
- Diamond Jack and the Queen of Pain (1983)
- As Close As You Think (1986)
- Falling Up (1988)
- Still Life with Guitar (1992)
- Garden of Love 1998)
- Turn The Lights Down (2000)
- Alive In California (2004)
- The Unfairground (septembre 2007)

L’ Ecole de Canterbury (The Canterbury Scene) est un mouvement musical à tendance expérimentale couvrant des styles allant du rock progressif autant que psychédélique en passant par le jazz rock ou même la pop courant de la fin des années 60 au début des années 70.

Ce mouvement est né autour du campus de l’université de Cantorbéry de la dissolution en 1967 du groupe beat The Wilde Flowers qui était composé de Robert Wyatt, Kevin Ayers(chant), Pye Hastings (guitare), Richard Coughlan (batterie) et des cousins Richard Sinclair (basse) et David Sinclair (claviers).

Parmi les plus représentatifs de ce mouvement, on peut citer :
- Soft Machine
- Caravan
- Gong
- Matching Mole
- Hatfield and the North
- Egg
- Henry Cow.

- Soft Machine, l’un des groupes phares de cette scène, est fondé en 1966 par Robert Wyatt (batterie et chant), Kevin Ayers (guitare, basse et chant), Daevid Allen (guitare) et Mike Ratledge (orgue, piano).

L’Australien Daevid Allen sera le premier à quitter le groupe avant l’enregistrement du premier album, son visa pour l’Angleterre n’ayant pu être renouvelé à l’issue d’un séjour en France. Il fondera à Paris le groupe Gong, composé pour moitié de musicien français, et pour l’autre moitié de musiciens anglais, dont certain d’entre eux se retrouveront dans un autre groupe de Canterbury : Hatfield and the North.

Kevin Ayers sera le second musicien à quitter Soft Machine, après la parution du premier album du groupe, il sera remplacé à la basse par Hugh Hopper. Ce sera au tour de Robert Wyatt de quitter Soft Machine, à l’issue d’un troisième album intitulé comme il se doit Third. Il fondera ensuite Matching Mole, groupe au sein duquel il assure le chant et tient la batterie, comme il le faisait dans Soft Machine. Puis il entamera une carrière solo prolifique après un accident qui le laissera paralysé des deux jambes.

- Caravan est fondé en 1968 par les ex The Wilde Flowers, Pye Hastings, Richard Coughlan, Richard et David Sinclair. David Sinclair quitte le groupe en 1971 après la sortie du 3e album pour rejoindre Matching Mole le groupe de Robert Wyatt et il est remplacé par Steve Miller. En 1972, après la sortie du 4e album, c’est au tour de Steve Miller et de Richard Sinclair de quitter le groupe, pour fonder Hatfield and the North.

-  Gong, fondé autour de Daevid Allen verra quand à lui passer de nombreux musiciens dont certains « piliers » de l’Ecole de Canterbury parmi lesquels Pip Pyle (batterie), Kevin Ayers (pendant quelques mois), Steve Hillage (guitare) mais aussi Didier Malherbe (instruments à vents, basse), Mike Howlett (basse) et Pierre Moerlen (batterie). Après le départ de Daevid Allen des invités prestigieux ont également participé au Gong dirigé par Pierre Moerlen : Didier Lockwood (violon), Mike Oldfield (guitare), Steve Winwood (claviers), Mick Taylor (guitare).


CD disponibles à la Médiathèque

Kevin Ayers
- The Kevin Ayers Collection,, Night and Day , 1990 2 AYE 20
- Still life with guitar, WAG , 1992 2 AYE 20
- Didn’t feel lonely till I thought of you, the Islands albums, Demon Music Group , 2004 2 AYE 20
- The unfairgroung, Shott Music, 2007 2 AYE 20

Gong
- Camenbert électrique, Charly Records, 1982 2 GON 20
- Shamal, Virgin, 1989 2 GON 20
- Flying Teapot, Charly Records, 1995 2 GON 20
- From here to eternitea, Snapper Music, 2002 2 GON 20
- 2032, Wave.com, 2009 2 GON 20

Caravan
- Waterloo lily, Mantra, 1970 2 CAR 20
- In the land of gray and pink, Mantra, 1990 2 CAR 20

Hatfield and the North
- Hatfield and the North, Caroline blue pate, 2009 2 HAT 20

Soft Machine
- Third, Sony Music, 1979 2 SOF 20
- Soft Machine vol. 1 et 2, Night & Day, 1989 2 SOF 20
- Jet Propelled, Media 7, 1989 2 SOF 20
- BBC Radio : 1971/1974, Hux, 2003 2 SOF 20
- Fourth/Fifth, Sony, 1999 2 SOF 20

Steve Hillage
- Green, Virgin, 1990 2 HIL 20
- For to next and not or, Virgin Records, 1990 2 HIL 20
- Live, A-Wave, 2012 2 HIL 20

Robert Wyatt
- Rock bottom, Virgin, 1974 2 WYA 20
- Dondestan, Virgin, 1991 2 WYA 20
- Shleep, Harmonia mundi, 1997 2 WYA 00
- Ruth is stranger than Richard, Rykodisc, 1998 2 WYA 00
- September song avec Pascal Comelade, Virgin, 2000 490 COM
- Cuckooland, Rykodisc, 2003 2 WYA 20
- Robert Wyatt & Friends in concert,september 1974, Rykodisc, 2005 2 WYA 20
- Comicopera, Domino, 2007 2 WYA 00
- For the ghosts within’, Domino, 2010 2 WYA 00
- Orchestre National de Jazz : Around Robert Wyatt, Bee jazz, 2009 1 ORC 90
- Sophie Domancich : Snakes and ladders, Harmonia mundi, 2010 490 DOM

Livres disponibles à la Médiathèque

- Michäel King : Robert Wyatt : faux mouvements, Camion blanc, 1998 781.66 WYA
- Robert Wyatt ; dessins et trad. de Jean-Michel Marchetti : MW3, Aencrages, 2000 + 1 CD 781.66 WYA


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