le 5 novembre 2015

Exposition 90°_géométries urbaines #4 : Claude Viallat et le groupe Supports/Surfaces

En lien avec l’exposition 90°_géométries urbaines, voici cette semaine une sélection de documents sur Claude Viallat et le groupe Supports/Surfaces.

 

Dans l’entrée de la Médiathèque est exposée une oeuvre de Claude Viallat, de 1989, qui est une grande bâche peinte de 418 cm sur 273 cm, sans titre.

 

Le groupe Supports/Surfaces


 

En 1969, Claude Viallat, Bernard Pagès, Daniel Dezeuze et Patrick Saytour fondent le groupe Supports/Surfaces lors de l’exposition « La peinture en question » au musée du Havre. Supports / Surfaces signifie d’un côté le châssis (le support de la toile) et de l’autre la toile (la surface).

 Pour ces artistes, la peinture ne doit plus révéler un message, mais exister en tant que telle, c’est-à-dire la toile, le pigment et la forme.

 

 « L’objet de la peinture, c’est la peinture elle-même et les tableaux exposés ne se rapportent qu’à eux-mêmes. Ils ne font point appel à un "ailleurs" (la personnalité de l’artiste, sa biographie, l’histoire de l’art, par exemple). Ils n’offrent point d’échappatoire, car la surface, par les ruptures de formes et de couleurs qui y sont opérées, interdit les projections mentales ou les divagations oniriques du spectateur. La peinture est un fait en soi et c’est sur son terrain que l’on doit poser les problèmes. Il ne s’agit ni d’un retour aux sources, ni de la recherche d’une pureté originelle, mais de la simple mise à nu des éléments picturaux qui constituent le fait pictural. D’où la neutralité des œuvres présentées, leur absence de lyrisme et de profondeur expressive. » Claude Viallat résume ainsi leurs travaux en juin 1969, lors de l’exposition « La peinture en question ».

 « Dezeuze peignait des châssis sans toile, moi je peignais des toiles sans châssis et Saytour l’image du châssis sur la toile. ».

 

Supports/Surfaces met un point d’honneur à accorder une importance égale aux matériaux, aux gestes créatifs et à l’œuvre finale de telle manière que le sujet passe au second plan. Il remet en question les moyens picturaux et les supports : Buraglio récupère des morceaux de toile et des éléments de fenêtre qu’il assemble ; Dezeuze dissocie la toile du châssis ; Viallat emploie des matériaux de récupération, toiles de bâche, parasols...

 

Claude Viallat, en 2011, parle du mouvement supports/surfaces :

 

 

Claude Viallat


Claude Viallat est né à Nîmes en 1936. Son travail, terme que la théorie Supports/Surfaces oppose à art ou création artistique, est fondé sur la répétition d’une forme simple fonctionnant comme un logo. C’est, depuis 1966, sur des supports de toile libre que ne structure plus un châssis que Claude Viallat appose sa forme. C’est la matière du support imprégné qui donne à la forme, en fonction de son tissage, de sa texture, un contour plus ou moins net, une intensité de ton plus ou moins forte. L’art de Claude Viallat se caractérise par la somptuosité de la couleur, qui l’impose comme l’un des grands coloristes de l’histoire de la peinture occidentale. « Je pense les choses en ponctuation, en plaçant dans une surface ou un espace donné, les éléments qui vont ponctuer cet espace, » écrit-il. Vers 1970, il commence également à écrire sur sa peinture, activité qui deviendra quasi-permanente et tout aussi importante et nécessaire que les autres.

 

Une visite de l’atelier de Claude Viallat :

 

 

Dans les collections de la Médiathèque

 

Viallat : exposition, Paris, Musée national d’art moderne, 24 juin-20 septembre 1982 / Alfred Pacquement. Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, 1982. (759.069 VIA)

Cette exposition retrace le parcours de cette œuvre multiple depuis 1966, tout en mettant l’accent sur ses derniers développements, notamment un ensemble de peintures monumentales.

 

Claude Viallat, rétrospective : exposition, Montpellier, Musée Fabre, du 28 juin au 2 novembre 2014. Somogy, 2014. (759.069 VIA)

Près de cinquante ans après l’invention de sa forme, en 1966, trente ans après la grande exposition du Centre Pompidou, l’idée d’une rétrospective a germé, dans un dialogue permanent et riche avec l’artiste. Composée d’une centaine d’oeuvres, cette exposition explore toutes les techniques et matériaux employés, des dessins d’étude aux formats les plus monumentaux. Avec aussi un choix d’oeuvres issues de la collection de son épouse, Henriette Viallat, constituée dès ses premières oeuvres.

 

Un court film de présentation de l’exposition :

 

 

Viallat : une issue à travers le mur ou Claude Viallat / Jean-Charles Lebahar. Au même titre, 2000. (759.069 VIA)

Cette série d’entretiens avec le peintre, autour de thèmes inédits et de toiles peu connues du public, révèle une facette nouvelle des relations entre l’imaginaire de l’artiste et une forme particulière d’abstraction.

 

 Pour le jeune public :

 

 

Bâche : Claude Viallat /Elizabeth Amzallag-Augé. Musée national d’art moderne, Centre Georges Pompidou, 1996. (759.065 VIA)

Ce titre fait partie de la collection « L’Art en jeu », créée par l’atelier des enfants du Centre G. Pompidou. Une drôle de forme apparaît : est-ce une éponge, un haricot, un nuage ? Elle change de couleur, se transforme, se retourne. Puis elle se multiplie, colonisant de longues bandes de tissu, cette Bâche aux couleurs vives que l’artiste emprunte aux tentes, aux voiles des bateaux. Des découpes dans la page suggèrent ces « pochoirs » que Viallat utilise pour jouer en d’infinies variations avec « formes » et « contreformes » et envahir aussi bien l’envers que l’endroit de sa toile.