le 4 mai 2011

Encrage, une collection qui fait tâche (d’huile)

ça se répand et, non, non ça ne part pas !

Des romans pas toujours tagada tsoin tsoin chez un éditeur qui, pourtant, nous met en joie

La Joie de Lire, au départ, c’était une librairie jeunesse à Genève, l’une des premières en Europe vu qu’en 1937 l’horizon culturel des enfants ne s’étendait pas très loin au-delà des murs de la maison ( d’où ce nom un tantinet désuet, que du coup on lui pardonne car, ok, lire nous met en joie mais c’est pas toujours aussi facile de l’affirmer comme ça !!) L’entreprise a attendu un bon moment avant de sauter à pieds joints dans l’âge d’or des maisons d’édition pour la jeunesse : 50 ans, en effet, est un bon âge de raison. Si la maison commence à avoir de la bouteille et donc de l’expérience, la page éditoriale, elle, reste pleine de promesse , à l’image de cette nouvelle collection qui s’ouvre avec deux romans. Aperçu :

- Le Dragon de glace de Mikael Engström, traduit du suédois

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Ce roman se passe par intermittence à Stockholm et aux abords du cercle polaire : autant dire que le froid et les couches de neige qui y sont décrits ne ressemblent en rien à nos pires tempêtes hivernales. Un jeune ado. de 12 ans, Mik, malmené par la vie, harcelé par les services sociaux, balloté d’un hébergement à l’autre, va se frotter aux plaisirs simples de la vie. Une histoire racontée sans parti pris, où les liens familiaux se tissent et se délient, les amitiés naissent et s’effondrent et les haines s’attisent et fondent : la vie, quoi. Ni bleue, ni noire mais un camaïeu qui nous laisse apprécier le dégradé.

- Le Plus grand footballeur du monde de Germano Zullo

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Bien que le football soit sa passion, notre jeune narrateur abandonne les entrainements car les tensions au sein de son équipe n’ont rien de fair-play. Pourtant, lorsque le tournoi annuel approche, il ne résiste pas à la tentation de monter sa petite équipe avec quelques amis et bons partenaires, de se confronter aux autres à nouveau, d’aller à la rencontre de leur humanité. Les grandes joies laissent parfois entrevoir de grandes blessures.

Deux romans qui saisissent par la rage de vivre de leurs personnages, deux auteurs confirmés dont il émane une sensible pudeur. Une collection à lire et à suivre donc !