le 18 juillet 2014

"Comme un secret pour toi" de Sandol Stoddard

« Qu’allons-nous dire au bébé ?

 Il vient juste de naître aujourd’hui

 Et il ne connaît presque rien

 Presque rien du tout »

 

Qu’allons-nous dire au bébé, nous, grandes sœurs, grands frères, pères, mères, grands-parents, qui attendions son arrivée avec amour et impatience ? Nous pourrions lui parler des myrtilles et du temps qui passe, des doigts qui plissent à la sortie du bain et des chatons doux comme des papillons. « Nous pourrions lui donner une pomme, nous pourrions lui donner une feuille ». Mais l’enfant nouveau-né ne peut saisir comme ses aînés toute la richesse du monde qui l’entoure ni la complexité des émotions.

 

« C’est pour ça que nous inventons

une chanson

juste pour toi »,

une comptine colorée et poétique peuplée d’êtres malicieux et d’instants précieux, berçant comme un mobile (de Calder) tant les grands que les petits.

 

 

Publié une première fois en 1961, "Comme un secret pour toi" vient d’être réédité, avec deux autres œuvres de Sandol Stoddard (Je t’adore, paru aux Editions Autrement en 2013, "Mon chat personnel et privé spécialement réservé à mon usage particulier", en 2012 aux Editions MeMO). L’auteure hawaïenne nous invite, une fois encore, à partager sa confiance dans une langue poétique et sonore apte à apprivoiser et transmettre l’amour qui nous habite, avec ses élans de joie et ses inquiétudes. Comment prendre patience pour donner à l’autre un peu de la place et du temps dont il a besoin pour s’épanouir…Comment faire de notre tendresse une matière qui métamorphose le ciel en potager, les méduses en boutons de bottines, les secrets en chansons « tranquilles comme un cocon »…

Les illustrations très expressives sont d’Ivan Chermayeff , designer parmi les plus reconnus du vingtième siècle (on lui doit notamment le logo du Museum of Modern Art de New York). Elles savent rendre avec dynamisme et simplicité la saveur « des jours où tout va bien » en aplats de couleurs vives, et les brumes de ceux « où tout va de travers ».

 

Vous verrez...

 « tu verras,

c’est quelque chose de spécial,

tu verras

c’est quelque chose de beau » ! 

 

De Sandol Stoddard à la Médiathèque de Bagnolet :