le 1er février

COUPS DE COEUR DES DISCOTHECAIRES 2017

Une sélection de CD, DVD et livres en rock, jazz, musique classique, chanson française, musiques du monde et musiques fonctionnelles du département Musique !


ROCK

 

CD

 

Baxter Dury : Prince of tears , Pias, 2017 - 2 DUR 20

 

Avec ce nouvel album, Baxter Dury nous livre ses états d’âme sentimentaux sous la forme de dix titres dont les métaphores viriles distillent un venin plus toxique que jamais ; c’est sa façon à lui de dire tout ce qu’il pense de la gente féminine tout en ironie voir auto-ironie, humour et cynisme. Ces textes corrosifs sont accompagnés de synthés et d’un orchestre de cordes pour sublimer sa douleur. Le dandy anglais, à la voix sensuelle, grave, nonchalante et à l’accent cockney dont les français raffolent s’entoure cette fois encore de chœurs féminins qui adoucissent son phrasé flegmatique. Un superbe album ! Se faire larguer ça peut avoir du bon.

 

 

 

Charlotte Gainsbourg : Rest, Because music, 2017 - 2 GAI 20

 

Enregistré à New-York, le quatrième album de Charlotte Gainsbourg est celui du deuil, un besoin vital pour elle de livrer toute sa tristesse suite au décès de sa sœur, à la fois intime, mélancolique et déchirant. La dureté des paroles hantées par les fantômes familiaux et chantées en français est contrebalancée par des refrains anglophones aux mélodies rêveuses. Si Sebastian s’est occupé de la musique et des arrangements en boucles électroniques avec une ambiance très new-yorkaise, Charlotte a pour la première fois créé un album qui sonne véritablement gainsbourien, le plus bel album de sa carrière !

 

En savoir plus

 

 

 

 

Thurston Moore : Rock’n’roll consciousness , Caroline, 2017 - 2 MOO 20

 

Depuis la fin de Sonic Youth, Thurston Moore enchaîne les projets en toute liberté avec une vitalité impressionnante. Rock’n’roll consciousness se compose de cinq longs morceaux, sorte d’odyssées sonores épiques qui mêlent l’avant-garde à un côté plus accessible. Le guitariste sait s’entourer et forme une belle alchimie avec le guitariste James Sedwards, la bassiste Debbie Googe et son complice de toujours ex-batteur de Sonic Youth, Steve Shelley. Peu de texte dans cet album, les amateurs de guitares inventives vont être comblés. Le son « Moore » est reconnaissable et on se régale !

 

 

 

Motörhead : Under cöver , Silver lining music, 2017 - 2 MOT 40

 

Under cöver compile toutes les reprises enregistrées par Motörhead tout au long de leur prolifique carrière. Certains titres sont connus comme Jumping’jack flash ou Sympathy for the devil des Stones, d’autres beaucoup moins. La très belle version cosmique de Heroes de Bowie était inconnue jusque-là, cela rappelle que Lemmy a été bassiste du groupe de space rock, Hawkwind. A travers ces reprises, on retrouve toute la puissance qu’aimait insuffler Lemmy dans son groupe, et quel feeling il avait !

 

 

 

 

The National  : Sleep well beast , 4AD, 2017 - 2 NAT 20

 

The National, groupe phare du rock indépendant américain, livre un septième album produit par le guitariste du groupe. L’alternance de morceaux mélancoliques et lyriques avec des morceaux plus rock, énergiques, portés par la belle voix désabusée du baryton Matt Berninger confère à Sleep well beast l’urgence et la sincérité d’un cri du cœur. Ces douze titres à la rythmique électronique, aux jeux de guitare des frères Dessner et à la batterie quasi-tribale donne une atmosphère particulière et sont d’une totale cohérence. En plus de 20 ans de carrière, The National a eu le temps de se faire un nom dans le paysage du rock indépendant

 

 

 

DVD

 

Sacha Gervasi  : Anvil ! The Story of Anvil , TF1 Vidéo, 2010 - 781.66 ANV

 

A l’âge de quatorze ans, Steve Lips Kudlow (chanteur) et son meilleur ami Robb Reiner (batteur) font le serment de faire de la musique ensemble toute leur vie durant. Leur groupe de heavy metal, Anvil va influencer de nombreux groupes tels que Metallica, Slayer et Anthrax. En 1982, les membres du groupe sont considérés comme "les demi-dieux du heavy métal canadien". Mais le triomphe est éphémère pour eux, que s’est-il passé ? Plus de vingt-cinq ans après cet épisode, le chanteur et le batteur continuent de nourrir des espoirs de gloire et de fortune. Entre la famille et les petits boulots, ils multiplient les concerts dans les bars, tentent une tournée en Europe, qui s’avère désastreuse, et enregistrent un treizième album sans le soutien d’une compagnie de disques... Un film irrésistible, drôle, sensible et déjà culte.

 

 

 

Alice Cooper : Welcome to my nightmare ; The Nightmare : 1975 TV Special , Eagle Vision, 2017 - 2 COO 40

 

Ce DVD regroupe un concert et une émission de télévision. Filmé en 1976, le concert de rock théâtral Welcome to my nightmare contient tous les hits et grands classiques d’Alice Cooper. Rythmé par la voix du maître de l’horreur, Vincent Price, le cauchemar prend vie sur la scène peuplée de squelettes, d’araignées géantes, d’un cyclope et d’un écran de cinéma magique... Tout est conçu pour l’effroi et l’insomnie ! Dans l’émission télévisée de 1975, The Nightmare, très rarement rediffusée et inédite en DVD, Alice Cooper interprétait le rôle de Steven, tandis que Vincent Price incarnait The Spirit of the nightmare (L’Esprit du cauchemar). Un show extravagant qui met en vedette toutes les chansons de l’album Welcome to my nightmare.

 

 

 

Thorsten Schutte : Eat That Question : Frank Zappa in his own words, Blaq out, 2017 - 781.66 ZAP

 

Composé de séquences d’archives dont certaines sont inédites, Eat That Question retrace la carrière de Frank Zappa en se concentrant sur ses prises de position radicales et provocantes. Des premières prestations télévisées du musicien à sa croisade contre les ligues de vertu qui mirent en place l’autocollant Parental Advisory, Thorsten Schütte compile vingt-cinq ans de liberté de parole.

 

LIVRE

 

Aymeric Leroy  : L’école de Canterbury , Le Mot et le reste, 2016 - 781.66 LER

 

Lorsque les groupes Soft Machine et Caravan travaillent ensemble à la fin des années 1960 dans le Kent, ils créent l’école de Canterbury, à la croisée de la pop, du rock progressif, du jazz électrique et de l’avant-garde savante. L’auteur met en avant l’histoire de cette mouvance, à travers notamment les groupes associés, les inspirations et l’héritage artistique laissé aux générations suivantes.

 

 


JAZZ

 

CD

 

Tony Allen : The Source , EMI, Blue Note, 2017 - 180 ALL

 

Tony Allen vient de réaliser un rêve d’enfant. Il assure même qu’avec The Source, douzième opus de sa discographie, il a enregistré le disque de sa vie. Il n’est pas anodin qu’un musicien de 76 ans dont la carrière s’étale sur plus de 50 ans et dénombre des centaines d’enregistrements en studio, fasse un tel aveu. Premier album du batteur nigérian pour le prestigieux label Blue Note, The Source symbolise peut-être mieux qu’aucune autre référence du catalogue à la fois l’âge classique du label et son présent innovant. L’enregistrement de l’album s’est fait sur bandes analogiques et autour de Tony sont réunis quelques-uns des meilleurs musiciens d’une scène que l’on peine à étiqueter jazz tant elle se caractérise avant tout par sa mobilité et sa créativité. Au total 11 pointures, dont 5 cuivres, ont participé à l’enregistrement de The Source. Plus un guest de marque, Damon Albarn.

 

 

 

 

 

Ahmad Jamal  : Marseille , Jazz village, 2017 - 1 JAM 90

 

« Marseille, je marche souvent seul dans tes rues et trop souvent j’y ai disparu. Marseille, mon cœur si seul cherche ta caresse car ma vie est trop remplie de tristesse. Marseille, de ta mer de splendeur et de regret, de ton soleil implacable, jusqu’au soir tard. Marseille ta voix ne cesse de m’appeler. Marseille, Marseille ville d’éternité. » (Ahmad Jamal).

 

A 86 ans, ce géant du jazz qui a joué avec les plus grands, de Charlie Parker à Duke Ellington, évoque sa relation particulière et ancienne avec la cité phocéenne. N’hésitant pas à renouveler son art, il accueille les chanteurs Abd Al Malik et Mina Agossi dans deux versions du morceau qui donne son titre au disque. Un symbole d’ouverture qui rime avec l’une des musiques les plus abouties d’aujourd’hui, une véritable épure du groove.

 

 

 

 

 

Thomas de Pourquery, Supersonic : Sons of love , Label bleu, L’Autre distribution, 2017 - 1 POU 90

 

« J’étais une toute petite souris volante et me trouvais au milieu de Supersonic qui jouait dans un immense hangar. Je pouvais voler et aller partout, presque toucher les clefs du saxophone, me lover sur une cymbale, et puis tout d’un coup sauter sur les cordes du piano, c’était fou ! A mon réveil, une porte s’était ouverte, grande ouverte, cela m’est apparu comme une évidence, il ne suffisait que d’écrire des prétextes, ou plutôt des pré-textes, des terrains de jeu pour mes cinq camarades, dans lesquels nous inventerions le texte, la narration, les discussions et la matière tous ensemble . Il ne me fallait dessiner que le cadre. » (Thomas de Pourquery).

 

Trois ans après le succès de Play Sun Ra, l’altiste chanteur au physique très "moondoguien", aidé de ses acolytes de Supersonic, se maintient, avec Sons of love, dans un état de folie très créative, une sorte de space jazz totalement barré et inclassable.

 

 

 

 

Fred Pallem, Le Sacre du Tympan : Cartoons , Train Fantôme, L’Autre distribution, 2017 - 1 SAC 90

 

Après s’être attaqué avec brio à revisiter les répertoires de François de Roubaix ou les B.O. de soul music, Fred Pallem et le Sacre du Tympan revisitent cinquante ans de films d’animation et autres classiques du jeu vidéo : la Danse macabre, Spiderman, Dragonball Z, Scooby Doo, Super Mario ou Goldorak... Un album délicieusement régressif et rafraîchissant pour réconcilier petits et grands !

 

 

 

Lizz Wright : Grace , Concord music, Universal, 2017 - 1 WRI 50

 

Produit par le talentueux chanteur et songwriter Joe Henry, Grace permet à Lizz Wright d’affirmer avec force et émotion, son sentiment d’appartenance à l’histoire culturelle de l’Amérique, et plus particulièrement à l’âme du Sud profond des Etats-Unis. Elle convoque le jazz, le blues, le rock et le gospel pour réinterpréter des chansons signées Ray Charles, Allen Toussaint, Nina Simone ou Bob Dylan… La grâce de Lizz est partout sur cet album.

 

 

 


CLASSIQUE ET CONTEMPORAIN

 

CD

 

Jean Sibelius ; Gerald Finley, chant : In the stream of life : songs by Sibelius , Chandos, 2017 - 3 SIB 31

 

Le baryton-basse canadien Gerald Finley nous fait pénétrer dans l’univers méconnu des mélodies de Jean Sibelius ; c’est aussi une collaboration musicale exceptionnelle entre lui et le compositeur finlandais Einojuhani Rautavaara (1928-2016), dont ce sera le testament musical en orchestrant sept mélodies de Sibelius tirées de divers cycles et qu’il a regroupées sous le titre In the stream of life . « Sur le tapis de neiges ou les cascades que déroule pour lui l’orchestre de Bergen, le baryton basse nous scotche par l’élan de la narration et une expressivité toujours sensible. » (Diapason, mai 2017 / Nicolas Derny)

Max Richter : Infra , Deutsche Grammophon, 2017 - 4 RIC 70

 

Né en Allemagne, Max Richter a étudié la composition et le piano à l’Université d’Edimbourg, à la Royal Academy of Music et avec Luciano Berio à Florence. Musicien, chef d’orchestre, compositeur reconnu de musiques de films (Valse avec Bachir, La Prima Linea…), il est aussi compositeur de musique électronique, évoluant entre ambient et néoclassique minimaliste. Deutsche Grammophon réédite le troisième album de la discographie de Max Richter, Infra, en CD et vinyle. Composé pour piano, électronique et quatuor à cordes, Infra est une extension de la pièce de 25 minutes écrite pour le chorégraphe Wayne McGregor et l’artiste Julian Opie. Le ballet raconte les attentats qui ont eu lieu à Londres le 7 juillet 2005.

 

 

DVD

 

Philip Glass ; Robert Wilson, mise en scène : Einstein on the Beach , Opus Arte, 2016 - 4 GLA 35

 

Pour la première fois depuis sa création en 1976, Einstein on the Beach, l’œuvre culte de Philip Glass et Robert Wilson est désormais disponible en DVD grâce à une captation inédite réalisée en janvier 2014 par Don Kent sur la scène du Théâtre du Chatelet. Jean-Luc Choplin, directeur du théâtre : « C’est une grande joie pour moi que la captation de cette œuvre ait enfin pu avoir lieu, quarante ans après sa création, et une grande fierté qu’elle ait eut lieu sur la scène du Théâtre du Chatelet ». Trois cent minutes de spectacle où musique répétitive, danse, lumières, mise en scène et décors ne font qu’un, à jeu égal.

 

 


CHANSON FRANCAISE

 

CD

 

Maggy Bolle : J’suis pas ta mère , Le cri du corbeau, 2017 – 099 BOL

 

Maggy Bolle : T’as vu la vierge , Le cri du corbeau, 2014 – 099 BOL

Après dix ans de tournée - du plus petit bar à la grande scène - et quatre albums, Maggy Bolle commence à se faire une petite place dans le monde de la chanson française. Loin des paillettes du showbiz, cette auteure-compositrice-interprète façonne un répertoire fait de chansons réalistes délicieusement décalées et corrosives où les choses sont dites crûment. Cependant, derrière l’humour et la dérision se cachent des thématiques pas si légères que ça (le don d’organes, l’accueil des immigrés, la mort des copains, la vieillesse...) et une critique féroce des travers de notre société. Son style n’est pas sans rappeler celui de l’auteur de Gare au gorille , d’ailleurs la chanteuse franc-comtoise rend souvent hommage à Brassens, en reprenant à sa sauce (piquante) quelques-unes des chansons du "maître". A découvrir.

 

 

 

 

 

 

Fredda  : Land , 03H50, L’Autre distribution, 2017 - 099 FRE

 

Land est le cinquième album de la chanteuse, auteure-compositrice-interprète Frédérique Dastrevigne, dite Fredda. Elle y affirme sa spécificité : une pop-folk classieuse inspirée par l’americana et le son à la Calexico, le groupe de Joey Burns. C’est d’ailleurs à Tucson (Arizona) sous la direction de l’éminent réalisateur artistique Jim Waters (ayant produit Jon Spencer Blues Explosion, The Married Monk, The Little Rabbits ...) que ce disque a été mixé. Par contre, la conception et l’arrangement se sont faits entièrement "à la maison" par Fredda et son compagnon, le songwriter Pascal Parisot, entourés du guitariste Stéphane Louvain (des French Cowboys et des Little Rabbits) et de la section rythmique d’Erevan Tusk (Nicolas Desse à la basse, Alexandre Viudes à la batterie). Abordant entre autres les thèmes de l’exil et de l’exode, les textes, fort poétiques, s’inspirent beaucoup des haïkus japonais dans la description de l’instantanéité. Empreint de sensibilité et de délicatesse, Land est un bien joli carnet de voyage musical, autant dépaysant qu’intimiste.

 

 

 

 

Bernard Lavilliers : 5 minutes au paradis , Barclay, 2017 – 099 LAV

 

Le dernier album studio de Bernard Lavilliers est un grand cru. Réalisé par quelques-uns des meilleurs "metteurs en son" français du moment (Romain Humeau, Fred Pallem, Benjamin Biolay, Florent Marchet, le groupe Feu Chatterton) la couleur est majoritairement pop-rock. Sur ces arrangements plus électriques, les textes, ciselés par une plume toujours aussi tranchante et percutante, prennent plus de force et d’âpreté. Ils dénoncent la violence de notre monde marchand (désindustrialisation, licenciement, mort des migrants en Méditerranée, déshumanisation…) mais parlent aussi d’entraide et d’espoir dans une note finale avec Jeanne Cherhal. Et même si cette fois, il n’y a pas de musiques "tropicales", pour exalter la chaleur et la richesse des nuances de la voix du chanteur stéphanois, le charme enveloppant de cette voix opère encore pour notre plus grand plaisir.

 

 

 

LIVRE

 

Philippe Chevallier  : La chanson exactement : l’art difficile de Claude François , PUF, 2017 – 782.092 FRA

 

Excepté Deleuze dans quelques lignes de son Abécédaire, aucun philosophe ne s’était véritablement intéressé à l’art de Claude François. Philippe Chevalier, spécialiste renommé de Foucault et de Kierkegaard, le fait dans cet essai riche en informations rares ou inédites. Se référant à Kant et à sa théorie de l’universalité du jugement esthétique, il soutient que Cloclo est un maître de la "forme moyenne", laquelle est l’accomplissement artistique de ce qui se tient entre le grand et le petit, le génial et le nul, à distance des extrêmes ; un juste milieu qui ne se préoccupe pas de créer mais qui ne se laisse jamais aller, où tout est totalement pensé, maîtrisé, obtenu grâce à un travail exigent et rigoureux. Ayant rencontré quelques-uns des grands arrangeurs et musiciens qui ont collaboré avec Claude François, tels que Jean Dikoto Mandengue, légende de la guitare basse camerounaise, ou le pianiste de jazz René Urtreger, il les rejoint sur le fait que l’auteur de Comme d’habitude a su porté la chanson populaire à un niveau d’excellence. Ainsi, cet ouvrage donne de Claude François une image bien éloignée de celle de l’artiste mal compris, si ce n’est mal-aimé, injustement renvoyé à ses costumes pailletés par une intelligentsia méprisante.

 

 

 


MUSIQUES DU MONDE

 

CD

 

Barcelona Gipsy Klezmer Orchestra : Imbarca , Satélite K, 2014 – 001 BAR 7

 

Créé en 2012 à Barcelone, le Barcelona Gipsy Klezmer Orchestra(BGKO), devenu en 2015 le Barcelona Gipsy balKan Orchestra joue une musique métissée qui mêlent entre autres musique klezmer, jazz manouche, musique tzigane, musique balkanique, tout un ensemble de traditions musicales venant des Juifs, des Roms, des Slaves, des Turcs, des Arabes… Cette musique sans frontières est le reflet des différents horizons d’où sont issus les artistes qui composent le BGKO : la chanteuse espagnole Sandra Sangiao, l’accordéoniste italien Mattia Schirosa, le contrebassiste serbe Ivan Kovačević, le guitariste français Julien Chanal, le percussionniste grec Stelios Togias et quelques musiciens nomades qui au gré des tournées viennent enrichir le noyau dur du groupe. Dans Imbarca, leur premier album (sorti en 2014 mais que la médiathèque n’a acquis qu’en 2017), on se laisse emporter par une interprétation raffinée et énergique de classiques klezmer, de chansons traditionnelles catalanes, de l’hymne des Roms, Djelem, djelem ou encore du célèbre Hasta Siempre au groove tout balkanique.

 

 

 

 

Trio Da Kali and Kronos Quartet : Ladilikan , World circuit, 2017 – 017 TRI 7

 

Ce disque est le fruit de la rencontre entre un trio composé de talentueux héritiers de la musique des griots mandingues et un quatuor à cordes audacieux qui, depuis quarante-cinq ans, multiplie les explorations artistiques : le Trio Da Kali et le Kronos Quartet. Les deux formations arrivent à n’en faire qu’une, sublimant avec une grande créativité leurs univers musicaux respectifs. Le balafon de Fodé Lassana Diabaté (fils du maître Djelisory Diabaté, et entre autres membre du Symmetric Orchestra de Toumani Diabaté) s’accorde subtilement avec les envolées des cordes et les lignes de basse du ngoni de Mamadou Kouyaté (fils du virtuose Bassekou Kouyaté qui l’a initié à la pratique de ce vieil instrument traditionnel ouest-africain), l’ensemble étant magnifié par la puissante voix d’ Hawa Diabaté (fille de Kassé Mady Diabaté, celui que l’on surnomme “La voix d’or du Mali”). Ce magnifique Ladilikan est un bel exemple de la richesse du mélange des cultures.

 

 

 

 

Jivan Gasparyan Duduk Ensemble : Yeraz , Full rhizome, Buda musique, 2017 – 027 GAS 3

 

A bientôt 90 ans, Djivan Gasparyan, la légende vivante du duduk, a annoncé que Yeraz serait son dernier album. Et quel album, qui donne à entendre de façon magistrale toute la palette sonore de ce frêle hautbois emblématique de la musique arménienne !

 

« Le duduk est la symphonie de l’âme humaine. C’est à la fois l’expression de la lamentation sur notre passé amer, le chant de notre vie actuelle et l’hymne de notre foi et de notre force. Cet album a été enregistré à Geghard, un monastère médiéval en Arménie qui est en partie creusé dans les montagnes avoisinantes et entouré de falaises. Il fait partie des sites du Patrimoine mondial de l’UNESCO. Son architecture et son acoustique sont très étonnantes et, à travers notre quatuor de duduk, cet endroit raconte en quelque sorte son histoire d’hier à aujourd’hui. Cette musique est profondément lumineuse, puissante, et les auditeurs peuvent visualiser la douleur, l’espoir et la vie du peuple arménien qui a été séparé au cours des siècles et se trouve à un point de rencontre entre l’Orient et l’Occident. Les yeux fermés, écoutez et purifiez votre esprit et votre âme. » (Djivan Gasparyan)

 

En 2008, "Le duduk et sa musique" a été inscrit par l’UNESCO sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

 

 

 

 

Farida Parveen  : Bangladesh : chants de Lalon Shah , Radio France (Ocora), 2017 - 031 PAR 3

 

Radio France dans sa collection Ocora vient seulement d’éditer cet enregistrement du concert de la chanteuse bangladaise Farida Parveen, donné en 2006, au Théâtre de la Ville, à Paris. Elle y arrange, adapte et sublime les poèmes de Lalon Shah (1774-1890), icône culturelle du Bangladesh, dont l’œuvre prolifique compte plus de cinq milles textes. Depuis 40 ans, cette chanteuse est, à travers ce penseur humaniste reconnu comme une figure syncrétique et universelle, la messagère privilégiée de la culture bangladaise. Ce syncrétisme se ressent musicalement dans l’utilisation des structures savantes propres aux ragas indiens couplées aux envolées extatiques du qawwalî pakistanais. Harmonium, tambour dhol et flûtes de bambou accompagnent Farida Parveen, dont le timbre enivrant transporte de plaisir l’auditeur.

 

 

 

Lula Pena : Archivo pittoresco , Crammed discs, 2017 - 071 PEN 7

 

Depuis 1998, Lula Pena n’a sorti que trois albums. C’est dire si cette chanteuse, compositrice, guitariste et poète portugaise - intransigeante dans sa démarche artistique - reste plutôt hermétique à l’industrie du disque. Archivo Pittoresco, son dernier opus, est un vagabondage à travers les musiques du monde : un recueil de treize chansons polyglottes (portugais, français, anglais, espagnol, sarde et grec) dont elle a pioché les textes, et parfois les mélodies, chez des auteurs de tous pays (la Chilienne Violeta Parra, le surréaliste belge Louis Scutenaire, le compositeur grec contemporain Mános Hadjidákis, le poète brésilien Ronaldo Augusto…). Accompagnée de sa seule guitare, elle chante l’amour, la spiritualité, l’absence, la saudade avec une voix de contralto à l’intensité bouleversante. Dans cette ambiance minimaliste et sans artifices, cette Lisboète tisse un fado mâtiné de folk, de blues, de flamenco, de morna , de tango ou de bossa nova, qui nous emporte, comme envoûtés, vers une mer étrange. Alors, comme le titre de la dernière chanson nous y invite (Come wander with me), partons naviguer avec Lula Pena.

 

 

 

DVD

 

Morgan Neville : The Music of Strangers , Urban Distribution, 2017 - 781.62 NEV

 

Avec humour, tendresse et émotion, The Music of Strangers raconte l’histoire de personnes exceptionnelles de talent, d’humilité et de générosité, des musiciens prodigieux venus du monde entier et rassemblés à l’initiative de Yo-Yo Ma. Des plus grandes salles de concert européennes aux camps de réfugiés de Jordanie, des rives du Bosphore aux montagnes chinoises, ces virtuoses unissent leur art et leurs cultures et font la démonstration qu’avec des idées simples et des convictions fortes, on peut changer le monde.

 

 


MUSIQUES DE FILMS

 

CD

 

Evgueni Galperine, Sacha Galperine : Loveless = Faute d’amour : bande originale du film de Andrey Zvyagintsev , Varèse Sarabande, 2017 - 520 FAU

 

Pour la bande son de son dernier film, le cinéaste russe Andrey Zvyagintsev a fait appel à deux compositeurs "spécialistes" des musiques de films, Evgueni et Sacha Galperine. Les deux frères franco-russes signent une musique troublante qui soutient parfaitement l’intensité dramatique de ce film crépusculaire et spectral. 11 cycles of E, la composition qui ouvre et clôture Faute d’amour, s’appuie sur une partition de piano préparé assez expérimentale et monumentale, basée sur un unique accord dont la variation d’intensité créée une tension progressive haletante, à la limite de l’oppression.