le 19 janvier

COUPS DE COEUR DES DISCOTHECAIRES 2016

Une sélection de CD, DVD et livres en rock, jazz, musique classique, chanson française et musiques du monde du département Musique !


ROCK

CD

 

Arno : Human Incognito , Naïve, 2015 - 2 ARN 20

 

35 ans de carrière, onzième disque solo, le plus célèbre des rockers belges sort un album tout aussi tendrement déjanté que les autres, produit par John Parish qui avait produit l’album précédent et qui donne à l’album un son rock vintage organique. Les chansons balancent entre des textes en anglais imprégnés de blues-rock, ballades bouleversantes à la Tom Waits et des textes en français dont le côté premier degré, un peu absurde, lui donne une naïveté et une sensibilité touchante qui fait tout le charme d’Arno. C’est un album fait pour la scène et cela tombe bien car Arno adore être sur scène avec ses excellents musiciens.

 

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The Claypool Lennon Delirium : Monolith of Phobos, ATO records, 2016 – 2 CLA 20

 

L’association entre l’excentrique Les Claypool, bassiste de Primus et le multi-instrumentiste Sean Lennon donne naissance à cet album que l’on peut résumer en un voyage psychédélique auditif. On dirait un album des Beatles avec une dose de LSD de trop, associé à un son plus moderne qui fait penser aux Australiens de Tame Impala. L’album a beau être perché, les musiciens n’en sont pas moins excellents. Du côté vocal, Claypool et Lennon se lancent la balle d’une chanson à l’autre, échangeant ainsi les aventures galactiques qu’ils génèrent avec leurs instruments. Cette belle collaboration vaut la peine d’être explorée.

 

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The Liminanas : Malamore , Because music, 2016 – 2 LIM 60

 

The Liminanas, groupe de la région de Perpignan, avec en son centre un couple/duo Marie (batterie) et Lionel (guitares,voix), est assurément l’une des magnifiques histoires musicales du rock français. Après trois albums sortis en mode underground par des labels indés américains, le groupe a été invité par Jack White à venir jouer dans son studio. Anton Newcombe (Brian Jonestown Massacre), Andrew Weatherall et Pascal Comelade ne tarissent pas d’éloges sur eux. Comment expliquer un tel bouche-à-oreilles ? Peut-être parce que leur musique mélange avec bonheur rock garage, psychédélisme, pop, culture nouvelle vague à la française, et que l’auditeur est embarqué dans une étrange narration, en français et anglais, par de multiples intervenants, et où il est question de plage, de supérettes, de cinéma italien, de Grèce déglinguée et de mille autres choses.

 

 

 

 

 

Cass McCombs : Mangy Love, Anti-Records, 2016 - 2 MCC 20

 

Avec ce huitième album, ce songwritter demeure une valeur sûre de la scène folk rock californienne. Manguy Love est un album aux mélodies lumineuses et aériennes caractérisées par le jeu de basse rond et groovy à la Steely Dan. On prend plaisir à se plonger dans la rêverie à l’écoute de cet album qui sent bon le soleil californien. Et cette musique cotonneuse contraste bien avec un texte, plutôt engagé, lucide et mordant. McCombs ne se gêne pas pour exprimer ses opinions dans ses chansons. Ce savoureux contraste donne un album magique qui prolonge l’été.

 

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Angel Olsen : My woman, Jagjaguwar, 2016 - 2 OLS 20

 

Ce deuxième album de la reine de l’indie américain est un complément exaltant à son travail précédent, sur lequel elle ajuste sa façon d’écrire et d’enregistrer, avec une toute nouvelle approche de la phase de composition. Les chansons sont plus percutantes, orientées pop/rock/ soul, plus longues, profondes et réfléchies. C’est un travail plus complexe qui demande une pluralité vocale, et l’ancienne choriste de Bonnie “Prince” Billy a d’ailleurs élargi sa gamme, et placé sa voix au premier plan sur ce disque. Un songwriting sincère et déroutant.

 

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Parquet Courts : Human performance, Rough trade records, 2016 - 2 PAR 50

 

Le groupe new-yorkais de Brooklyn publie déjà son cinquième album lancé à plein régime depuis cinq ans. Enregistré au cours d’une année marquée par un contexte d’instabilité personnelle, Human performance est du Parquet Courts 100% pur jus avec une double dose de pulpe. A l’encontre des albums précédents écrits dans leurs fulgurances garage-punk, ce dernier est plus mature, plus infusé, plus profond. Parmi les groupes les plus encensés par la critique, il confirme haut la main les éloges et les espoirs placés dans le quatuor de Brooklyn dignes héritiers du Velvet, des Ramones et de Télévision.

 

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Andy Shauf : The Party , Anti, 2016 - 2 SHA 20

 

Le jeune compositeur multi-instrumentaliste canadien a fait du chemin depuis son album révélateur, The bearer of bad news. Applaudi par Jeff Tweedy de Wilco ou encore Nick Hornby, il a été invité à faire les premières parties de la tournée US de Low. C’est maintenant à son tour de vous inviter à The Party. Pour son premier album chez Anti, Andy Shauf propose une série de portraits présentée au fil de dix titres qu’il a soigneusement choisis. Plus mature et construit que son prédécesseur, il conte une histoire où entrent en collision synthés rêveurs, guitares fuzz et acoustiques, le tout drapé d’un délicat piano... sans oublier la clarinette ! Sur une base de classic pop, sa composition laisse entrevoir des reflets très Beatles mais aussi de Belle & Sebastian et The Shins.

 

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DVD

 

Sam Dunn, Scot McFadyen, Reginald Harkema : Super Duper Alice Cooper , Eagle Vision, 2014 - 781.66 COO

 

 

Le premier film qui présente l’histoire complète et non expurgée d’Alice Cooper ! Banger Films présentent "Super Duper Alice Cooper", la rock star la plus outrageuse de toute sa génération. Cet "opéra doc" associe des interviews d’archives avec une multitude d’images d’Alice Cooper provenant de concerts, d’émissions TV, d’apparitions au cinéma, de grands-titres et pages de magazines à sensation. Tous les moments forts de sa carrière sont couverts grâce aux interventions de quelques-unes des personnalités les plus iconiques de l’histoire de la musique comme Iggy Pop, Elton John, John Lydon, Bernie Taupin, Dee Snider et bien-sûr Alice Cooper lui-même.

 

 

 

 

 

 

Queen : The making of A Night At The Opera , Eagle vision, 2005 - 781.66 QUE

 

 

The making of A Night At The Opera raconte titre par titre la génèse de cet album à travers les interviews de Freddie Mercury et de proches du musicien, Brian May, Roger Taylor, le producteur Roy Thomas Baker... Il est illustré par des photos de Mick Rock et des images de concert dont la plupart proviennent du concert gratuit donné à Hyde Park en 1976. IL contient également une analyse approfondie de l’enregistrement studio.

 

 

 

 

 

 

 

 

LIVRES

 

Ray Davies  : Americana, les Kinks, la route, le riff parfait , Castor astral, 2016 - 781.66 DAV

 

 

 

Ray Davies raconte ici sa relation d’amour et de haine avec les Etats-Unis, pays où il a frôlé la mort suite à une fusillade à La Nouvelle-Orléans. Il évoque aussi avec force et humour ses liens compliqués avec l’industrie du disque, sa vie tumultueuse en tournées, son rapport à la création, ses nombreux motifs d’exaltation ou de colère.

 

 

 

 

 

 

 

Christophe Delbrouck : Frank Zappa et l’Amérique parfaite, 1978-1993 , Castor astral, 2016 - 781.66 ZAP

 

 

 

Après Frank Zappa & les mères de l’invention et Frank Zappa & la dînette de chrome, Christophe Delbrouck continue sa biographie chronologique sur Frank Zappa . Il aborde dans cet ouvrage la vie de Frank Zappa dans les années 1980 jusqu’à sa mort : son engagement politique, sa collaboration avec Pierre Boulez et le Modern Ensemble pour permettre à tous d’accéder à la connaissance par le divertissement ce qui est un de ses rêves le plus fameux.

 

 

 

 

 


JAZZ

CD

 

Pierre Durand Roots Quartet  : Chapter two : Libertad , Pierre Durand, Les Disques de Lily, 2016 - 1 DUR 90

 

“Cet album est un plaidoyer pour la différence, le risque et la sincérité. Il reflète ma démarche de musicien : mélanger les cultures à l’imprévu. Tribute raconte les origines du jazz : l’Afrique, la traite négrière, la rencontre avec l’harmonie européenne. What you want & What you choose dit ma vision d’un jazz plus actuel et scandé, gardant le même son « roots ». Les autres compositions voyagent entre ces deux mondes… Au fond, j’ai nourri ce disque de mes convictions musicales : être libre et engagé. Donner du sens aux notes. Raconter des histoires, toujours”. Pierre Durand

Un discours musical d’un musicien engagé. A découvrir !

 

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Paolo Fresu  : Eros , Bonsaï music, 2016 - 1 FRE 90

 

Quatre années après la publication de leur premier succès discographique commun Alma, le duo composé de deux des plus grands musiciens de jazz contemporain Paolo Fresu, trompettiste et Omar Sosa, pianiste récidivent avec ce concept-album Eros, dédié à l’amour. Les deux protagonistes ont choisi de composer des titres originaux inspirés par le totem "sacré" de l’émotion qui pousse la beauté vers le divin. Un travail profond et cohérent enrichi par la présence précieuse de Jaques Morelenbaum, déjà présent sur Alma, du quartette à cordes Alborada et de celle de Natacha Atlas, laquelle signe une version lumineuse en arabe du célèbre Teardrop du groupe Massive Attack.

 

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François Raulin, Stephan Oliva : Correspondances , Abalone productions, 2016 - 1 RAU 90

 

« Merveilleux exemple de ce que peut être un vrai duo de piano. Je dis "vrai" parce qu’il faut reconnaître que les très nombreux duos ne sont en général que l’association provisoire de deux musiciens qui racontent chacun leur histoire en essayant d’établir des correspondances avec l’autre, l’adversaire ou l’ami, peu importe. Ce qui peut donner de belles réussites, mais partielles et aléatoires, quelque soit le talent des interprètes. Ici, rien de tel. Un vrai duo, formé depuis des années par deux grands pianistes et compositeurs, présentant un répertoire unique, des compositions et des arrangements de très haut niveau et d’une extrême originalité. Rien ne semble être laissé au hasard. Pourtant, l’improvisation est omniprésente, se mêlant aux passages minutieusement préparés, le résultat donnant un duo sans équivalent aujourd’hui. » Martial Solal

 

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Shabaka and the Ancestors : Wisdom of elders , Brownswood recordings, 2016 - 1 SHA 70

 

Pour son premier album solo avec sa nouvelle formation, Shabaka and the Ancestors, le saxophoniste britanique Shabaka Hutchings c’est entouré de la crème des musiciens du jazz sud-africain, pour enregistrer en une seule journée à Johannesbourg sur le label Brownswood Recordings (Gilles Peterson) un album incandescent. Quelque part entre je jazz cosmique de Sun Ra, le spiritual jazz de John Coltrane et le jazz fusion de Miles Davis période In a silent way, Shabaka Hutchings signe là, avec Wisdom of elders (la sagesse des anciens) un Grand disque de jazz.

 

 

 

 

 

 

 

Dhafer Youssef : Diwan of beauty and odd , Okeh, Sony music, 2016 - 1 YOU 90

 

Avec ce nouvel album, Dhafer Youssef, compositeur prodige tunisien, maître du oud et vocaliste exceptionnel, juxtapose comme personne la musique ancienne, mystique et hypnotique du soufisme avec le groove urbain de quatre personnalités du jazz new-yorkais. Même si l’album semble plus enraciné dans le jazz, les chants traditionnels soufis qui le traversent lui prodiguent un caractère unique et émouvant.

 

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LIVRE

 

Agnès Desarthe : Le Roi René : René Urtreger , Odile Jacob, 2016 - 781.65 URT

 

 

Dix fois René Urtreger faillit mourir et dix fois il se releva, toujours guidé par la quête acharnée de la " note juste ". Il est à lui seul toute la musique d’une génération et toute l’histoire du jazz. C’est le mystère palpitant de sa vie qu’Agnès Desarthe tente ici d’approcher. Ce livre est le roman vrai d’une existence flamboyante. Parti de rien, René Urtreger , pianiste génial, atteint les sommets, jouant avec les plus grands, de Miles Davis et Lionel Hampton à Stan Getz et Chet Baker... Il connaît tous les excès et toutes les audaces, côtoie la gloire comme les enfers. Agnès Desarthe raconte cette aventure comme un roman. Son talent unique en fait un livre inoubliable.

 

 

 

 

 

 

 

 


CLASSIQUE ET CONTEMPORAIN

CD

 

Hans Abrahamsen : Let me tell you , Winter & Winter, 2016 - 4 ABR 31

 

Let me tell you est un cycle de sept mélodies du compositeur danois Hans Abrahamsen basé sur le roman éponyme du critique musical, poète et romancier Paul Griffiths. Commandée par l’Orchestre Philharmonique de Berlin avec le support de la Danish Arts Foundation, l’oeuvre a été créée en 2013 par le même orchestre dirigé par Andris Nelsons. C’est la soprano Barbara Hannigan qui a inspiré le compositeur. La pièce lui est d’ailleurs dédiée. La figure centrale de Let me tell you est Ophelia, le personnage tragique de Hamlet (Shakespeare). Un disque rare, témoignage d’une musique intense et légitimement contemporaine.

 

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Guillaume Connesson : Pour sortir au jour , Deutsche Grammophon, Universal, 2016 - 4 CON 19.72

 

Les trois pièces pour orchestre de la Trilogie symphonique rendent hommage chacune à un pays et à une culture qui sont particulièrement chères au compositeur. A l’Allemagne remplie de drame et de joie de Flammenschrift répond la lumière italienne de E chiaro nella valle il fiume appare, avant la Russie colorée et festive de Maslenitsa. Pour sortir au jour, concerto pour flûte et orchestre, est le nom original du Livre des morts de l’Egypte antique. Ces rouleaux de papyrus étaient placés près de la momie afin de l’aider à réussir son voyage dans l’au-delà et à accéder à la lumière d’Osiris. C’est ce voyage spirituel que le concerto évoque, un voyage d’ombre et de lumière au pays de l’Amenti, le paradis des anciens égyptiens.

 

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Jodie Devos : Il était une fois… un opéra imaginaire autour des contes de fées , Alpha, Outhere, 2016 - 399 DEV

 

Au merveilleux mythologique de la scène lyrique baroque, le romantisme substitue le merveilleux féerique. Le conte de fées est omniprésent sur la scène française, qu’il s’agisse de théâtre parlé, de ballet ou d’opéra. Il n’est pas fortuit que Cendrillon ou Barbe Bleue séduisent tant de musiciens du XIXème siècle... Initié par le Palazzetto Bru Zane, ce projet est construit comme "un conte" universel inspiré de Cendrillon, La Belle au bois dormant, Barbe-bleue, Le Petit Poucet mis en musique par les compositeurs français de l’époque romantique. Il mélange ainsi musiciens célèbres (Offenbach, Massenet, Chausson, Rossini - en français - et compositeurs peu ou pas du tout connus (Viardot, Silver, Serpette, De Rillé, Isouard). Imaginé par Alexandre Dratwicki et transcrit par lui pour un quatuor avec piano et deux chanteuses - une soprano et une mezzo - cet opéra imaginaire est magnifiquement incarné par Jodie Devos et Caroline Meng qui, à un moment du récit, se travestit et incarne tout à la fois une reine ou un prince. De son côté, la soprano, in fine pimpante princesse de Massenet et d’Offenbach, connaîtra d’abord les tourments de l’incertitude amoureuse.

 

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Serguei Taneïev  ; Alexandre Glazounov : String quintets , Bis records, 2016 - 3 TAN 15.40

 

Voici un disque passionnant qui révèle des pages rares au disque comme au concert, et de surcroît dans des interprétations au-dessus de tout soupçon. Avec ce couplage Taneïev / Glazounov, le cosmopolite quatuor Gringolts et Christian Poltéra signent un des disques chambristes les plus marquants de ce début d’année.

 

 

 

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Eugène Ysaÿe : Neiges d’antan , Musique en Wallonie, 2016 - 3 YSA 19.41

 

Au fil du temps, le souvenir du virtuose génial que fut Eugène Ysaÿe (Liège, 1858 - Bruxelles, 1931) a fini par supplanter dans la mémoire collective sa qualité de compositeur. Il convient cependant de rappeler qu’Eugène Ysaÿe a créé, au travers de ses poèmes pour instruments à cordes, un genre foncièrement nouveau et original, se distinguant par une science de l’écriture et une richesse harmonique éloignées des mérites purement virtuoses de ses compositions du début. Aussi, ces poèmes valent-ils vraiment la peine d’être redécouverts. D’une certaine façon, ils peuvent être considérés comme une sorte de chaînon reliant les traditions esthétiques germanique et française, une union du romantisme germanique et de l’impressionnisme français.

 

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CHANSON FRANCAISE

CD

 

Bertrand Belin : Cap Weller, Cinq7, 2015 – 099 BEL

 

Sur cet album (son cinquième), on retrouve tout ce qui fait le style du " maître-chanteur" et "maître-guitariste" qu’est Bertrand Belin : une voix grave et chaude légèrement tremblante (proche de Bashung), des mélodies fines et épurées au tempo lent, des textes acérés évocateurs ou intrigants, mais avec cette fois-ci quelques saillies de guitares qui s’éloignent du pop-rock pour se tourner vers le funk, notamment sur Folle, folle, folle, l’un des titres phares. Les onze chansons de Cap Weller (titre qui rend hommage au feu Hugh Waller, chanteur-guitariste folk de Sheffield, où a été enregistré cet opus ainsi que les deux précédents) sont faites de sonorités chaleureuses, soyeuses et chaloupées d’où émergent délicatement des textes pointillistes très poétiques qui parlent de solitude, d’exil, de déclassement, de rupture, de spleen et font réfléchir en creux à la place de l’individu dans le monde. Réalisée avec des musiciens talentueux - Mark Sheridan (guitares, lap Steel), Thibault Frisoni (guitares, basse et claviers) et Tatiana Mladenovitch (batterie et chœurs) - cette nouvelle production du chanteur quiberonnais est une fois encore de la belle ouvrage.

 

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CharlÉlie Couture : Lafayette, Fontana, 2016, 2015 – 099 COU

 

Pour son vingtième album, Lafayette, CharlÉlie Couture a quitté New York, où il vit depuis 2004 pour Lafayette, en Louisiane. Là, au cœur du bayou, dans le célèbre Dockside Studio (qui a vu passer BB King, Dr John, Taj Mahal, Alen Toussaint…), il s’est entouré de la crème des musiciens cajuns (Zachary Richard, le groupe Feufollet avec les frères Stafford ou encore les Lost Bayou Ramblers) pour enregistrer treize chansons fortement imprégnées de musiques du cru (zydeco, swamp rock, coonass rock) qui conviennent idéalement à sa voix. C’est frais, entraînant, flamboyant, jubilatoire même ! Un grand Couture !

 

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Arman Méliès : Vertigone, At(h)ome, 2015 – 099 MEL

 

Bien que depuis 2003, il est fait six albums, cet auteur-compositeur-interprète, qui a travaillé pour Bashung, Thiéfaine, Dominique A ou encore Julien Doré, reste encore peu connu du grand public. Avec Vertigone, cela devrait rapidement changer car cet album est un véritable petit bijou. Chaque titre s’appuie sur une mélodie ciselée, à la tonalité rock arrangée avec audace, sur laquelle Arman Méliès déploie un lyrisme débordant qui s’exprime autant dans la fureur que dans la retenue. Sa voix, chaude et écorchée, soutenue par des guitares psyché, une batterie "martelante", un saxo aérien et quelques fulgurances électroniques, nous entraîne, sur des textes très imagés, dans un univers vertigineux et sensible dont on a du mal à s’extirper tant on est envoûté. Un album qui s’écoute en boucle donc ; l’un des meilleurs du cru français 2016.

 

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Mickey3d : Sebolavy , Moumkine Music, 2016 - 099 MIC

 

Sept ans après son dernier album, Mickey3D, ou plutôt Mickaël Furnon, chanteur, auteur et compositeur, sort un nouvel album entraînant, quoique mélancolique, et politique. C’est un faiseur de mélodies imparables et un auteur de textes qui touchent au cœur. On retrouve les thèmes que ne lâchent pas Mickey 3D : l’écologie, la politique, le temps qui passe et les chansons de rencontre amoureuse. La chanson la plus poignante est celle qui ouvre l’album, La rose blanche, tirée d’une histoire vraie pendant la période de l’Allemagne nazie. Il se dégage une légèreté de cet album que l’on apprécie de plus en plus à chaque écoute.

 

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DVD

 

Pauline Jardel : Bertrand Belin, il était cinq heures dix , Girelle Production, 2014 - 782.092 BEL

 

 

 

Une plongée dans l’univers de Bertrand Belin et de sa musique. Filmé de près, le chanteur nous livre petit à petit quelques clés de son monde. Quand il ne chante pas, Belin déclame des poèmes dans une langue bien à lui, danse dans une ruine, écrit un livre, nous donne l’heure... et en dit long sur lui. Un portait intimiste où l’on découvre un personnage attachant entouré de musiciens performants.

 

 

 

 

 

 

 


MUSIQUES DU MONDE

CD

 

Family Atlantica : Cosmic unity, Soundway, 2016 – 047 FAM 7

 

Issu d’Hackney, quartier très vivant de l’Est londonien, Family Atlantica propose, dans son deuxième album, un cocktail musical particulièrement vitaminé qui mélange funk, highlife, afro-beat, calypso, ethio-jazz, rumba et tambours vénézuliens. Ce groupe, qui s’est formé en 2013 autour de trois personnes issues des trois continents bordant l’Atlantique (Jack Yglesias, né à Londres, producteur, arrangeur, multi-instrumentiste, déjà investi au sein des formations Quantic et The Heliocentrics, sa femme, la chanteuse vénézuélienne Luzmira Zerpa et le percussionniste nigérian Kwame Crentsil), s’est aujourd’hui agrandi : vingt-deux musiciens sont engagés dans cette Cosmic unity dont quelques invités de marque comme le saxophoniste du Sun Ra Arkestra, Marshall Allen. Une orgie sonore extatique !

 

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Kuku : Ballads & blasphemy : the areligious gospel of Adebola Kuku, Quart de Lune, 2015 – 015 KUK 7

 

Auteur-compositeur américain d’origine nigériane, Kuku s’est installé en France en 2011. Ballads & Blasphemy est son cinquième album. Il y mixe afrobeat, soul, folk et musique traditionnelle en cherchant à dresser un pont entre ses racines yorouba et le monde occidental. Ses textes, portés par une voix alliant la puissance des chanteurs africains à la délicatesse des soulmen américains, abordent des sujets brûlants axés, entre autres, sur la remise en cause des "religions organisées" et des autorités oppressives en tout genre. Les onze chansons de cet album, dont aucune n’a la teinte d’un pur gospel, pourraient être qualifiées de blasphématoires par certains croyants, c’est pourquoi Kuku a pris les devants en les regroupant lui-même sous ce titre. Une voix profonde et langoureuse, une guitare percutante et des rythmes contagieux sont parmi les ingrédients majeurs de cette belle production.

 

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Bachar Mar-Khalifé : Ya balad, InFiné, 2015 – 024 MAR 7

 

Pianiste et percussionniste de formation, Bachar Mar-Khalifé a notamment joué dans l’Orchestre National de France et l’Ensemble Intercontemporain de Pierre Boulez. Installé en France depuis son plus jeune âge, il n’en oublie pas pour autant la terre et la culture de ses ancêtres : le Liban. Dans Ya Balad (Ô pays), son troisième album, il parle de l’exil et de la nostalgie qui le rattache à cette terre, à ses racines et à son héritage familial. Maniant comme à l’accoutumée une belle palette d’instruments (piano, clavecin, percussions, batterie, synthétiseurs, mélodica, nay), il nous offre un chatoyant bouquet sonore, aux riches nuances, qui consacre le chant en arabe comme principal instrument de son expression. Il ne s’est accompagné d’aucun musicien et a enregistré chaque partie instrumentale seul avec un ingénieur du son. Que ce soient sur des compositions originales ou des reprises de chansons traditionnelles, le résultat est empreint d’une remarquable musicalité, émancipée de toute contrainte stylistique. Du grand art.

 

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Naragonia : Myriad, Appel rekords, 2015 – 087 NAR 4

 

Cet album, sorti en 2015, fête les douze ans de Naragonia, groupe flamand formé par le musicien polyvalent Toon Van Mierlo et la violoniste et accordéoniste Pascale Rubens. Le duo est entouré de musiciens de tous horizons qui réinventent les traditions musicales européennes dans un folk léger et aérien. Bien que Pascale Rubens s’essaie au chant - avec succès - sur certaines compositions, leur musique reste essentiellement instrumentale, combinant accordéons diatoniques, violon, saxophone, guitare, piano ainsi que d’autres instruments plus traditionnels comme la cornemuse ou la vielle à roue. A découvrir.

 

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Protoje : Ancient future, Baco records, 2015 – 052 PRO 6

 

Protoje (de son vrai nom Oje Ken Ollivierre) fait partie de cette nouvelle génération d’artistes jamaïcains, qui depuis 2010, ressuscite la musique qui a fait la gloire de l’île. Même s’il est plus discret que certains de ses compères du mouvement Reggae Revival (Chronixx, Sevana, Kabaka Pyramid...), il a, en trois albums, bousculé les codes du new roots et fait souffler un vent de fraîcheur sur la sphère reggae. Son dernier album, Ancient Future, sorti en 2015, est certainement le plus abouti : la production et les arrangements sont d’une richesse sonore époustouflante (avec des cuivres puissants, des guitares protéiformes, des claviers façon années 80 inventifs et des effets dub bien sentis). On y retrouve notamment les chanteurs précédemment cités venus l’accompagner sur quelques titres aux mélodies ciselées et aux textes socialement engagés. Tout l’album est une réussite, faisant entrer définitivement Protoje dans la cour des Grands.

 

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Vaudou Game : Kidayu, Hot Casa, 2016 – 016 VAU 7

 

En 2014, le chanteur et guitariste togolais Peter Solo et des musiciens lyonnais ont donné naissance à Vaudou Game, groupe qui mélange l’afro-funk des années 70, le chant vaudou, le blues, le rock, tout en s’inspirant de la musique béninoise de formations comme le Tout-Puissant Orchestre Poly-Rythmo ou El Rego. Kidayu est leur second album. Ils y cultivent la chaleur du son "à l’ancienne" en enregistrant sur du matériel vintage. Peter Solo virevolte entre français, anglais et mina (la langue togolaise) sur des textes réalistes et - l’air de rien - percutants. La transe rythmique est bien au rendez-vous, alimentée par l’énergie des claviers analogiques et des cuivres bouillonnants. Ca pulse !

 

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MUSIQUE DE FILM

CD

 

Dans les forêts de Sibérie : B.O.F., Mister Productions, 2016 - 520 DAN

 

« C’était la première fois que je travaillais sur un vrai dialogue entre ma musique et le silence. Le film devrait se terminer en apothéose, le retour devrait être puissant, ces bruits naturels comme le craquement de la glace devaient absolument faire partie de la musique mais il fallait aussi laisser la place au silence. » Ibrahim Maalouf.

La musique d’Ibrahim Maalouf se marie magnifiquement bien avec les images du film. Grandiose !