le 12 février 2014

COUPS DE COEUR DES DISCOTHECAIRES 2013

Une sélection de CD, DVD et livres en rock, jazz, musique classique, chanson française et musiques du monde du département Musique !


ROCK

CD

Antigone project : Antigone project , Samla Music, 2013 - 2 ANT 20

Du rock, de l’électro, du progressif, de la new wave, du métal, un son très inspiré par Depeche mode mais qui reste original... Voilà une ambitieuse fusion musicale concoctée par les quatre parisiens d’Antigone Project

 

 

Deerhunter : Monomania , 4AD, 2013 - 2 DEE 20

Formé à Atlanta en 2001, le groupe sort un nouvel album aux sonorités noisy, rock et psyché. Bâties entre un rock expérimental saturé, brut, vintage et des plages plus aérées, les mélodies sont agréables et ne manquent pas d’originalité.

 

Franz Ferdinand : Right thoughts, right words, right action , Domino recording, 2013 - 2 FRA 50

Rescapé in extremis d’un burn-out prévisible après une trop fulgurante ascension, Franz Ferdinand rebondit de plus belle avec un quatrième album survitaminé particulièrement irrésistible. Sur des textes plus profonds que ne laissent supposer leur pop-rock enjouée, les Écossais s’acquittent d’une surprenante collection de tubes en puissance, mélodiques et tranchants, qui fera sans aucun doute l’unanimité.

 

Fuzz  : Fuzz , In the red records, 2013 - 2 FUZ 20

Voici un des multiples projets du surdoué californien Ty Segall. Fuzz tire son inspiration des morceaux les plus ésotériques du heavy-métal, de Black Sabbath à Jimi Hendrix, en passant par le blues progressiste britannique de The Groundhougs ou Lobby Lloyde ; cela donne un album apocalyptique, lourd et sauvage.

 

Jacco Gardner  : Cabinet of curiosities , Trouble in mind, 2013 - 2 GAR 20

Ce jeune multiple-instrumentiste hollandais fait avec ce premier album un vibrant hommage à la pop baroque et psychédélique en combinant mélotron, clavecin, cordes, flûtes et autres instruments classiques. Les mélodies aux envolées lyriques donnent à ce cabinet de curiosité une délicieuse fraîcheur. Loin de paraître désuets les arrangements de Gardner révèlent une production moderne, un vrai bonheur.

 

Girls in Hawaï : Everest , Goldo, 2013 - 2 GIR 20

Après un long silence, les Belges du groupe Girls in Hawaï sortent un nouvel album sombre, hanté par la disparition de leur batteur. Ce troisième album mélancolique, émouvant, composé de morceaux plus longs avec des claviers plus présents, gagne en maturité et en majesté.

 

Olivier Libaux : Uncovered Queens of the Stone Age , Music for music lover, 2013 - 2 LIB 20

L’ex-membre de Nouvelle vague propose des reprises de Queens Of The Stone Age en acoustique approuvées par Josh Homme, magnifiquement interprétées par un casting exceptionnel de chanteuses : Emiliana Torrini, Alela Diane, Skye (Morcheeba), Ambrosia Parsley (Shivaree), Rosemary Standley (Moriarty), Youn Sun Nah, Inara George, Gaby Moreno, Susan Dillane (Death In Vegas), Clare (Clare And The Reasons), Katharine Whalen.

 

Midlake : Antiphon , Bella union, 2013 - 2 MID 20

Ces Texans reviennent avec un quatrième album amputé de leur leader durant l’écriture mais qui ne perd rien de sa superbe. L’urgence dans laquelle a été réalisé l’album lui donne un raffinement empreint de psychédélisme comme les autres albums mais délaissant le côté mélancolique au profit d’un son plus rock. Le guitariste, nouveau leader est passé derrière le micro, cette renaissance constitue un choc musical

 

Of Montreal : Lousy with sylvianbriar , Polyvinyl records, 2013 - 2 OFM 20

Of Montreal revient avec son 15ème album ! Un vrai retour aux sources, inspiré par Neil Young et la folk américaine des années 60, 70 en général. Enregistré sur des bandes cassettes, sans post production par ordinateur, Lousy With Sylvianbriar a été composé par Kavin Barnes et enregistré "en live" avec tous les musiciens en studio au même moment. L’enchevêtrement des voix mixtes forment une belle harmonie vocale.

 

Ty Segall : Sleeper , Drag city, 2013 - 2 SEG 20

Après avoir sorti trois albums en 2012, l’hyperactif et talentueux Californien Ty Segall revient avec un album toujours entre garage rock et pop psychédélique mais avec des morceaux acoustiques, folk, sentimentaux servis par une voix envoûtante. Ainsi, l’album semble plus mature et apaisé.

 

Thee Oh Sees : Floating coffin , Castle face, 2013 - 2 THE 20

Le groupe emblématique de la scène rock californienne s’est imposé à coup de concerts comme tête d’affiche aux côté de Ty Segall. Leur son garage rock sous influence psychédélique confère au groupe une identité très cohérente. Illuminées par des riffs de guitares, les voix flottent au-dessus de cette production lourde et pop et se complètent en parfaite harmonie.

 

DVD

Malik Bendjelloul ; Sixto Diaz Rodriguez : Sugar Man , ARP, 2013 - 781.66 BEN

A l’aube des années 1970, Sixto Rodriguez, alias Jesus, chanteur-guitariste d’origine mexicaine, enregistre à Detroit deux albums de folk-rock : Cold Fact puis Coming from reality. En dépit d’un talent d’auteur acéré, proche de Dylan, d’arrangements inspirés des Beatles et d’une voix chaude à la Neil Diamond, c’est un flop. Rodriguez retourne travailler sur les chantiers du Michigan, qu’il avait quittés pour donner quelques concerts. Son label fait faillite et tout le monde l’oublie. Enfin presque : en Afrique du Sud, l’un de ses albums importés par hasard fait tilt. Une jeunesse sevrée de sensations par une société répressive voit en Rodriguez un héros de la contre-culture, à son insu. Cold Fact est copié, piraté, plus tard édité en CD pour atteindre un chiffre estimé aujourd’hui à environ 500 000 exemplaires. Au Cap, un certain Steve Segerman se prend de passion pour Rodriguez, apprend que des légendes courent sur sa mort présumée (suicide sur scène ?), entre en contact avec un journaliste sud-africain lancé sur la piste du rocker disparu et découvre enfin que Jesus est vivant. L’histoire est belle et pourtant vraie. Le documentariste Malik Bendjelloul (également suédois) n’a fait qu’une entorse à la réalité : avant sa « résurrection » en Afrique du Sud, Rodriguez avait déjà joué en Australie, en 1979 et 1981. Ce détail mis à part, l’affaire est assez bien ficelée pour amener le spectateur, via une mosaïque de témoignages, au grand moment du film : l’apparition de Sixto Rodriguez himself, grand bonhomme buriné, cabossé, d’une modestie non feinte. Aucune aigreur chez lui. Il vit toujours dans une masure en planches de la banlieue de Detroit. C’est le monde auquel il appartient, et la lumière que lui apporte encore ce film étonnant ne l’éblouit pas". — François Gorin (telerama.fr)

 

The Clash : Revolution Rock : The Clash live , Sony BMG, 2008 - 2 CLA 50

DVD rétrospectif des meilleures apparitions scéniques du groupe. Réalisé par Don Letts, cinéaste ami qui a réalisé Punk attitude. Moins obtus que certaines formations auxquelles on les a parfois malencontreusement associés, les Clash se disaient autant influencés par Mott The Hoople que par Junior Marvin. Son rock vindicatif n’a jamais eu d’œillères et reste d’une insolente modernité comme en attestent les versions de Police & Thieves, London’s Burning, I Fought The Law ou Should I Stay Or Should I Go proposées ici. Quelques titres proviennent du Tomorrow Show, une émission télévisée et enrichissent cette copieuse livraison. Dommage que la voix off, omniprésente, morde sur les chansons, empêchant de les apprécier à leur juste valeur et en intégralité.

 


The Clash - "Live : Revolution Rock" teaser par mosszeboss

Jonathan Demme ; Neil Young : Neil Young journeys , Sony, 2013 - 781,66 DEM

Jonathan Demme signe un troisième documentaire sur Neil Young qui suit le parcours semé de souvenirs entre sa ville natale et le lieu d’un concert. Un va et vient entre des scènes extraites du concert de Neil Young au Massey Hall de Toronto en mai 2011 et le voyage de ce dernier qui prend la route vers l’Ontario accompagné de son frère en passant par la ville rurale de Omemee, où il a grandi et effectué sa formation musicale.

 

Livres

Michka Assayas : In a lonely place : écrits rock , Le mot et le reste, 2013 - 781,66 ASS

Aujourd’hui, Michka Assayas est considéré comme l’encyclopédiste en chef du rock et de la musique pop en France. Mais il ne faudrait pas oublier cet autre aspect de l’homme : il est l’une des plumes les plus affûtées de la presse musicale. Cet ouvrage est une anthologie de ses meilleures chroniques parues depuis le début des années 1980 jusqu’aux années 2000, dans Rock & Folk, Les Inrockuptibles, VSD et Libération.

Pete Townshend : Who I am , M. Lafon, 2013 - 781,66 TOW

Auteur-compositeur et guitariste, énergie créative des Who, Pete Townshend est l’un des artistes les plus novateurs du rock, une légende de la musique, connu pour son jeu de scène, ses bris de guitares, et ses effets sonores précurseurs du hard-rock et du punk. Fer de lance du rock des années 60, avec des shows autodestructeurs et l’invention des power chords - où une corde résonne à vide afin de donner plus de couleur au son -, Pete a changé les codes de la musique populaire avec Tommy et Quadrophenia, contribuant à faire du rock un art à part entière qui a influencé toute une génération. Pour la première fois, le leader de l’un des plus grands groupes de rock de tous les temps raconte son incroyable histoire, des sommets enivrants en passant par des phases de descente aux enfers.

JAZZ, BLUES, SOUL

CD

The James Hunter Six : Minute by minute , Fantasy, Universal, 2013 - 180 HUN

James Hunter est né à Colchester en Angleterre, mais il chante le blues, la soul, le RnB. Dans les années 80, il se lance dans la composition, dix ans plus tard, il enchaîne les tournées et accompagne des légendes comme Aretha Franklin, Van Morrison, Etta James et Willie Nelson. Mais au début des années 2000, plus d’inspiration, plus de contrats. La rédemption arrive en 2006 sous la forme d’un album encensé au pays du jazz, People gonna talk. Un retour confirmé en 2008 avec un nouveau disque encensé The Hard Way). Premier album enregistré par James Hunter aux Etats-Unis, Minute by Minute est une nouvelle perle qui sort chez Fantasy. Dix chansons originales pour lesquelles le chanteur a collaboré avec la tête pensante du label Daptone, Gabriel Roth (qui a également travaillé avec Amy Winehouse et Sharon Jones).

 

Mavis Staples : One true vine , Epitaph, 2013 - 180 STA

Au plus chaud des années 1960, les Staples Singers campaient en première ligne du mouvement pour les droits civiques avec une rage et un sens de l’harmonie qui ont fait fantasmer plusieurs générations, de Bob Dylan aux Talking Heads. Mavis Staples, jeune pasionaria en afro, chantait aux côtés de son père et de ses soeurs. Aujourd’hui, c’est elle la matriarche. Le poids de l’expérience, de la fatigue, de la sagesse et des désillusions est passé de son côté. Et elle a trouvé en Jeff Tweedy, le leader charismatique de Wilco, un héritier et un confesseur de rêve. One true vine est leur deuxième collaboration, et la formule est d’une simplicité éclatante : elle chante, il l’écoute. Il lui compose un répertoire comme on esquisse un décor (chansons de Low, Nick Lowe, Funkadelic ou Wilco...), elle se l’approprie en douceur, entre folk et gospel, ardeur et mélancolie, éclairant les chansons d’un feu sacré ou d’une flamme vacillante. Son inspiration se déploie dans le dénuement des arrangements de son jeune guide de Chicago, une merveille de parure acoustique ou chaque souffle compte, où les transes prennent sur deux cordes et où se révèlent les trésors de son chant. Il a fallu du temps et bien des oublis, mais quelques-unes des plus belles pages de la musique noire américaine s’écrivent aujourd’hui. (Télérama)

 

Ahmad Jamal : Saturday morning , Jazz Village, Harmonia Mundi, 2013 - 1 JAM 90

Après Blue Moon paru en février 2012, Ahmad Jamal garde la même équipe pour son nouvel album Saturday Morning. Ce dernier opus a été enregistré en février 2013 au studio La Buissonne, près d’Avignon, un endroit où il était déjà venu terminer la saga The Essence, prenant plaisir à se faire photographier pour la pochette dans un champ de tournesols… Saturday Morning est tout en sève mélodique et en sensualité rythmique, parsemé de parfums funky mais aussi de plages à la limite de la méditation. Ballades voluptueuses, digressions poétiques et audaces harmoniques… Comme l’avait écrit Laurent Goddet dans une lumineuse analyse de l’œuvre du pianiste, publiée par Jazz Hot en 1979, il s’agit de "l’art du désir".

 

Magic Malik : Tranz denied , Bee Jazz, Abeille Musique, 2013 - 1 MAL 90

Le dernier album de Magic Malik Tranz Denied est un ovni musical conçu entièrement en studio en cinq jours en toute spontanéité et dont certaines paroles ("Shibuya memories", en faux japonais et "EZ.COM") ont été écrites sur l’instant. Le projet est né au festival Musique de Jazz & d’Ailleurs en 2011 pendant lequel Magic Malik, Gilbert Nouno, DJ Oil et le batteur Hubert Motteau ont collaboré sur scène. Après un long travail préparatoire, ils ont enregistré cette oeuvre envoûtante, parfois hallucinante qui navigue entre musique contemporaine, électro, pop et jazz. Magic Malik chante et joue de plusieurs instruments : flûte, claviers, basse, guitare, senza sur des basses rythmiques préparées en amont par DJ OIL et Gilbert Nouno. Une oeuvre hypnotique et enchanteresse.

 

Cecile McLorin Salvant  : Woman child , Emarcy, Universal, 2013 - 1 MCL 30

Nouvelle venue accueillie par les vivats amicaux des musiciens, lauréate du prix Thelonious Monk du jazz vocal en 2010, Cécile McLorin Salvant, remarquée pour sa présence sur deux titres du Gouache de Jacky Terrasson, frappe un grand coup avec Woman Child. Un premier disque était passé inaperçu, celui-ci est une révélation. La variété d’inspiration de la jeune chanteuse donne à elle seule de quoi l’admirer, comme une comédienne capable d’assurer tous les rôles. Blues à l’ancienne avec St. Louis Gal et John Henry, standard renouvelé avec I didn’t know what time it was, chanson française traitée avec humour (Le Front caché sur tes genoux), mélodie américaine avec There’s a lull in my life, de Nat King Cole, air de jazzy jazz avec Jitterbug Waltz, souvenir de Billie Holiday avec What a little moonlight can do, comédie débridée de You bring out the savage in me  : elle parcourt l’étendue de son talent avec une énergie, une virtuosité dans le swing qui sont l’apanage des très grandes. Elle sait aussi s’entourer de vrais artistes, tel le pianiste Aaron Diehl. On ne risque pas sa chemise en prédisant à Cécile McLorin Salvant une ascension fulgurante et une carrière exceptionnelle. — Michel Contat (Télérama) (Prix du jazz vocal 2013 de l’Académie du jazz)

 

Vincent Peirani : Thrill box , Act Music, 2013 - 1 PEI 90

Avec Thrill box, Vincent Peirani confirme qu’il est un virtuose de la boite à frisson ; il s’entoure de deux musiciens confirmés : le très subtil Michael Wollny aux claviers et Michel Benita à la contrebasse. Le répertoire est assez largement inspiré des Amériques, avec Thelonious Monk (I mean you), Brad Mehldau (Waltz for JB) et Abbey Lincoln avec un magnifique Throw it away. Avec deux invités exubérants, Michel Portal et Emile Parisien , Vincent Peirani se livre à des inspirations multicolores, au gré d’humeurs variées qui vont de la tendresse éperdue à la joie dansante Le 14 janvier 2014 au Théatre du Chatelet, Vincent Peirani reçu le Prix Django Reinhardt (musicien français de l’année 2013 de l’Académie du jazz).

 

MUSIQUE NOUVELLE

CD

Pascal Comelade : El pianista del Antifaz , Because music, 2013 – 490 COM

Multi instrumentiste de renom, Pascal Comelade sort une nouvelle création musicale à la fois rock et groove, à la frontière de la musique avant-gardiste intemporelle et de la musique populaire, celle des bals, du cirque et de la musique de rue des années 60-70. On entend de drôles d’instruments qui semblent fait sur mesure pour Comelade, des instruments d’enfants pour musiques d’adultes aux sonorités hautes en couleur.

 

MUSIQUE CLASSIQUE

CD

Ensemble vocal Aedes : Ludus verbalis, vol. 2 , Eloquentia, Sony, 2013 - 307 ENS

Dans le prolongement du premier enregistrement paru en 2011, l’Ensemble vocal Aedes (fondé en 2005 par Mathieu Romano), continue son exploration du répertoire choral a cappella des XXe et XXIe siècles avec des œuvres de Britten, Hindemith, Martinu, Poulenc, Ravel…. Ce disque illustre la manière dont la culture et la tradition littéraires d’un pays peuvent modeler, inspirer, infléchir, voir parfois imposer un mode d’écriture musicale et vocale. Du très beau travail, particulièrement manifeste dans le répertoire chanté en français. Une révélation, et un coup de cœur parmi les recueils choisis : les Quatre madrigaux de Martinu, œuvre tardive aux accents populaires qui séduit dès la première écoute !

 

Katia et Marielle Labèque : Minimalist dream house , KLM, 2013 - 311 LAB

Le triple album Minimalist dream house de Katia et Marielle Labèque, réalisé en collaboration avec le chanteur compositeur guitariste David Chalmin, Raphaël Séguinier aux percussions et Nicolas Tescari aux claviers, est un pur bonheur hypnotique ! L’idée est née en 2011, lorsque le King’s Place Festival de Londres invita les deux sœurs à fêter cinquante ans de minimalisme musical : Mescaline mix, la pièce pour bande de Terry Riley fut composée en 1961. Mais l’essentiel n’est pas de trouver la date de naissance exacte : elles remontent plus loin, notamment avec les Vexations de Erik Satie qui préfigurent les boucles hypnotiques de Steve Reich ou de Terry Riley. L’enjeu est aussi de montrer comment ce courant musical a essaimé dans le rock avant-gardiste et dans l’électro : on entendra donc des reprises d’Aphex Twin, de Radiohead, de Suicide ou de Sonic Youth. Comme le montre leur parcours, les sœurs n’ont jamais été effrayées par l’improvisation et l’innovation, la découverte de nouveaux champs à expérimenter !

 

 

Joaquin Rodrigo : Rodrigo edition , Brilliant, Abeille Musique, 2013 – 3 ROD

Joaquin Rodrigo n’est pas que le compositeur du célébrissime Concierto de Aranjuez. En 21 CD (à petit prix), ce coffret propose une véritable découverte d’un grand musicien du XXe siècle. Des interprétations souvent de grande qualité et une diversité des œuvres (concertos pour guitare, flûte, harpe ; des œuvres pour orchestre, des pièces de musique de chambre dont certaines jouées par Rodrigo lui même, des œuvres vocales…) Certes Rodrigo n’a pas révolutionné la musique du XXe siècle, mais son œuvre est d’une grande richesse mélodique, harmonique, instrumentale et vocale.

En savoir plus

Antonio Sacchini  : Renaud , Ediciones Singulares, 2013 - 3 SAC 35

Renaud (1783), opéra français d’Antonio Sacchini, a connu un immense succès avant et après la Révolution française malgré les critiques des partisans de Gluck et de Niccolo Piccinni, ses rivaux. Christophe Rousset nous en donne une brillante version en réunissant ici, solistes, le chœur et l’orchestre dans un tourbillon extrêmement dynamique. Même si Renaud n’a pas la grandeur des meilleurs opéras de Lully, de Rameau ou de Gluck, c’est une œuvre qui vaut le détour, surtout grâce aux "Talents" de Christophe Rousset !

 

Livre

Alex Ross : The Rest is noise : à l’écoute du XXe siècle, la modernité en musique , Actes-Sud, 2010 - 780.904 ROS

De la Vienne impériale de Mahler et Strauss au Paris des Années folles et du groupe des Six, de l’Allemagne d’Hitler à l’Union soviétique de Staline, Chostakovitch et Prokofiev, des avant-gardes les plus radicales de l’après-guerre à l’Amérique des sixties et des seventies, Alex Ross retrace avec brio la grande aventure de la musique moderne. Au fil des guerres chaudes et froides, des révolutions et des conservatismes, de l’élitisme de la Seconde Ecole de Vienne à l’avènement de la culture de masse, c’est véritablement l’histoire du XXe siècle par sa musique qu’il nous donne à entendre. Son credo : parler de la musique classique comme si elle était universellement populaire, et de la musique populaire comme si elle accédait enfin à l’intemporalité de ce qui est classique.

 

CHANSON FRANCAISE

CD

Arbadétorne : Le diable marie sa fille, Souvenance, 2013 – 098 ARB 3

Depuis quinze ans, le quatuor Arbadétorne collecte et fait revivre avec passion les œuvres du répertoire de musiques et de danses traditionnelles de Vendée. Dans cet album, Maxime Chevrier (conte, violon, Mandoline, chant), Emmanuel Vrignaud (chant, veuze, violon, alto, hautbois), Jean-François Rambaud (guitare, effets MIDI, chant), Michaël Auger (accordéons diatoniques, chant), revisitent une trentaine de chansons et d’airs à danser (ronds et demi-ronds de l’Ile d’Yeu, marchoises, branles de Noirmoutier…) dans des orchestrations fort réussies qui invitent l’auditeur à bouger. Un beau travail de mise en valeur des multiples facettes d’une culture populaire à ne pas oublier.

 

Anouk Aiata : La femme mangeuse des nuages du ciel , Barclay, 2013 – 099 AIA

Il est difficile de ne pas se laisser séduire par la voix suave et profonde d’Anouk Aïata, « la femme mangeuse des nuages du ciel » en langue maori. Sur des compositions ciselées par son compère violoncelliste Amos Mâh, cette jeune chanteuse passe avec entrain d’une ballade folk à un coktail jamaïcain mi-mento, mi-ska, d’une valse mélancolique à une musique de western ou d’une chanson gitane à un rockin’ doo-wop. Les textes très poétiques parlent d’errance, de vagues à l’âme, de déchirements et de rencontres, des petits instants de vie mis en musique avec subtilité et sensibilité. Un très bon premier album qui devrait ravir les amateurs de sonorités éclectiques et vagabondes.

 

Brassens : échos d’aujourd’hui , Fanon, 2013 – 099 BRA

Avec cet album qui fait suite à Brassens, échos du monde, le label Fanon poursuit son travail de défrichage créatif autour de l’œuvre de Georges Brassens. Sont ici regroupés des artistes contemporains venus du monde entier (Argentine, Liban, Haïti, Mongolie, Colombie, Angleterre, Brésil, Suède, États-Unis, Trinidad) qui revisitent dans leur langue natale et en version inédite quelques-unes des chansons les plus emblématiques du grand poète musicien : "Dans l’eau de la claire fontaine", "Les amoureux des bancs publics", "Le vent", "Le parapluie", "Le testament"…

 

Fauve : Blizzard , Fauve Corp, 2013 – 099 FAU

Pop ? Rock ? Slam ? Rap ? Chanson ? Spoken word ? Un peu de tout ça ? Il est bien difficile de coller une étiquette sur cet EP. Roi du buzz depuis un an, le jeune groupe Fauve séduit d’abord par ses mots, durs, crus et vrais, qui chamboulent nos oreilles. Ce torrent verbal mi-parlé, mi-chanté est soutenu tantôt par des guitares, tantôt par des beats hip hop, tantôt par des claviers. C’est original et ça bouscule la scène française actuelle !

 

La Maison Tellier : Beauté pour tous , At(h)ome 2013 – 099 MAI

Des textes qui font mouche, des mélodies enveloppantes, une voix vibrante, une orchestration originale, avec ce quatrième album les cinq frères Tellier (Raoul, Helmut, Léopold, Alphonse et Alexandre) entrent dans la cour des grands. Un souffle mélancolique qui vous pénètre parcourt chaque composition, que ce soit une ballade folk romantique, un rock enflammé ou un riff entêtant sous influence africaine. Il ne faut hésiter à entrer dans cette maison-là !

 


La Maison Tellier - Exposition Universelle en... par LeMouv

Zoufris Maracas : Prison dorée , Chapter two, 2013 – 099 ZOU

Ayant fait leurs armes dans le métro parisien, les Zoufris Maracas sont des fins observateurs des maux de notre société, qu’ils raillent avec l’esprit rebelle d’un Renaud et l’ironie mordante d’un Brassens. A coups de mélodies accrocheuses, de refrains ensoleillés et de sonorités métissées à la Manu Chao, ces troubadours modernes nous emmènent loin de la morosité ambiante. Sans jamais se départir d’un sens de l’humour certain, ils font souffler un vent frais et réjouissant sur le paysage musical français actuel, alors laissons-nous porter.

 

MUSIQUES DU MONDE

CD

Tao Ravao, Vincent Bucher : Vazo , Cinq planètes, 2013 – 012 RAV 6

Complices depuis longtemps, le multi-instrumentiste malgache Tao Ravao et l’harmoniciste français Vincent Bucher naviguent ensemble sur les eaux du blues, de Madagascar au Mississipi. Tao Ravao, d’abord au banjo et à la mandoline puis à la guitare, a tourné en Europe et en Amérique avec les plus grands bluesmen, avant de revenir vers les musiques et les instruments traditionnels de son île. De sa rencontre avec Vincent Bucher est née une musique de fusion festive, sans frontière, inventive et audacieuse qui dans cet album doit aussi beaucoup à la présence du percussionniste Jean-Noël Godard et du bassiste Axel Rasoanaivo.

 

Dead Combo : Lisboa mulata , Dead & Company, 2011 – 071 DEA 6

Ce duo de guitaristes élégant et nerveux venu du Portugal propose un savoureux mélange de fado, de folk, de jazz, de musique latine et de bande originale de western. Tó Trips et Pedro Gonçalves nous racontent des histoires sans paroles, leur jeu mélodique valant tous les discours pour planter un décor et créer une atmosphère. A noter la présence sur quatre titres, d’un invité de marque ; le guitariste américain Marc Ribot, qui vient teinter d’une couleur supplémentaire cet arc-en-ciel sonore fort éblouissant.

 

Vinicio Capossela : Marinai, profeti e balene , La Cupa, 2012 – 075 CAP 7

Dans son 13e album, le chanteur-auteur-compositeur italien Vinicio Capossela s’inspire des grands classiques de la littérature maritime (L’Odyssée, Moby Dick, Lord Jim…) pour nous embarquer sur des flots musicaux oniriques et fantasques où se mélangent avec bonheur clavecin, piano, scie musicale, flûtes à bec, gong, vibraphone, ondes Martenot, thérémine, chaînes, hautbois, maracas, escargots de mer, lyre crétoise, orchestre mécanique et chœurs d’hommes ; tout un tourbillon d’instruments et de voix fort émouvant qui brasse blues, musique classique, ambiance de fête foraine, folklore sarde et glouglous d’eau. Une réussite.

 

Elina Duni Quartet  : Matanë malit , ECM, 2012 – 076 DUN 7

Matanë malit (« au-delà de la montagne ») est le premier album d’Elina Duni édité chez ECM. Elle y rend un hommage vibrant à l’Albanie, son pays natal, qu’elle a quitté à l’âge de dix ans. Sur des vieilles chansons du folklore et de plus récentes signées par des artistes de la diaspora albanaise dont l’écrivain Ismail Kadare, elle montre toute l’étendue et l’expressivité de sa voix, puissante et habitée, formidablement mise en valeur par ses musiciens (pianiste, contrebassiste et batteur) dont le swing un brin abstrait cristallise toutes les émotions du blues balkanique.

 

Ando Drom : Phari mamo , Network, 1997 – 081 AND 7

Sorti en 1997 chez l’excellent label de musique du monde Network, cet opus est dans nos bacs depuis début 2013 pour le plus grand bonheur des amateurs de musique tzigane. Ando Drom, qui signifie "Sur la route"dans la langue rom, est un groupe qui porte haut l’étendard des cultures tsiganes de Hongrie. Autour de l’étonnante voix de Mitsou, s’activent avec virtuosité et enthousiasme, violons, accordéon, guitare, mandoline et quelques objets inattendus tels que des brocs, des talking drums, des pots et des cuillers faisant office de percussions. Frissons garantis.

 

HUMOUR

DVD

Alexandre Astier : Que ma joie demeure , Universal, 2013 - 670 AST

Après Kaamelott Alexandre Astier joue les Kapellmeister. Maître de musique, claveciniste ou joueur de viole de gambe, l’acteur devient Jean-Sébastien Bach, génie absolu de la musique baroque. Inusable, fascinant, le génie de Bach fait l’objet d’un portrait craché sans retenue. Un homme fort et rocailleux, arrogant, douloureux, loin des images convenues du religieux pratiquant, cloué sur sa chaise et ses partitions. Hommage savoureux et déglingué, Que ma joie demeure ! décortique et revisite gaiement la musique de Bach.

 

COMEDIE MUSICALE

DVD

Pierre Koralnik ; Serge Gainsbourg : Anna , Mercury, Universal, 2009 - 511 ANN

"Anna, c’est un trait d’union entre nouvelle vague et pop art". Voilà comment le cinéaste Pierre Koralnik définit cet ovni télévisuel surgi au cœur de l’hiver 1967 : une comédie musicale aux couleurs vives et chansons acidulées, scellant la rencontre tripartite entre Anna Karina, Jean-Claude Brialy et Serge Gainsbourg à la fois acteur, chanteur, compositeur et parolier. Anna, c’est le télescopage insolite entre un sujet intemporel (la recherche de l’idéal amoureux) et un certain air du temps, l’influence de la pop anglaise, des invités de prestige (Marianne Faithfull, Eddy Mitchell) et le lyrisme si personnel de Gainsbourg…Longtemps invisible, voici enfin Anna édité dans sa pleine dimension, visuelle et musicale : le film en version restauré et la bande originale intégrale, nourrie de titres instrumentaux inédits, miraculeusement exhumés des archives Gainsbourg chez Universal Music. Plus qu’un classique à redécouvrir, Anna, c’est d’abord un prodigieux hymne à la modernité !